Lyon : 100% des écoles lyonnaises dépassent les limites de pollution, révèle une étude

INFO « 20 MINUTES » Une étude de l’association Respire révèle que 100% des établissements scolaires de Lyon, Chambéry, Grenoble et Annecy dépassent les seuils recommandés par l’OMS sur les polluants majeurs de l’air que sont les PM2,5 et le NO2

Jennifer Lesieur
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Une vue de Lyon lors de son dernier pic de pollution, le 15 janvier 2022.
Une vue de Lyon lors de son dernier pic de pollution, le 15 janvier 2022. — OMAIN DOUCELIN/SIPA
  • L’association Respire, qui œuvre pour une meilleure qualité de l’air, publie une carte interactive de la pollution en région Auvergne Rhône-Alpes.
  • Chaque établissement scolaire y présente ses taux de pollution en PM10, PM2,5 et NO2, qui se révèlent bien au-dessus des recommandations de l’OMS.
  • Cette étude appelle les pouvoirs publics à renforcer ses mesures contre les sources de cette pollution, le trafic routier étant en première ligne.

On étouffe à l’école. L’étude que l’association Respiredévoile en exclusivité à 20 Minutes, ce mardi, est alarmante. De 2015 à 2019, ses scientifiques ont étudié les niveaux de pollution aux abords des établissements scolaires en  Auvergne Rhône-Alpes​, en les comparant aux nouvelles recommandations de l’OMS de septembre 2021.  Une carte en ligne permet de cliquer sur l’établissement de son choix et d’en connaître le taux de trois polluants majeurs (PM10, PM2,5 et NO2).

Il y apparaît que 100 % des établissements de Lyon, Chambéry, Grenoble et Annecy dépassent les seuils recommandés par l’OMS. « On s’attendait à de tels résultats, car on sait qu’en France les niveaux de pollution ne sont pas bons », indique Tony Renucci, directeur de Respire, association citoyenne créée en 2011, devenue actrice de référence en matière de pollution atmosphérique.

Les enfants sont les plus vulnérables à la pollution

« Avec l’abaissement des recommandations de l’OMS, en septembre dernier, on a divisé par quatre le seuil limite de dioxyde d’azote (NO2), et par deux le seuil limite de particules fines, il était donc évident qu’on allait avoir de mauvais résultats », explique-t-il. « Mais ce n’est pas qu’une question de mathématiques, c’est une question de santé publique, et s’ils ont été abaissés, c’est qu’il y a urgence à agir », ajoute-t-il.

Pour son étude, Respire a analysé l’air entourant les écoles, pas celui de l’intérieur. Ces données sont donc valables pour tous, mais Tony Renucci rappelle que si les enfants sont ciblés, c’est parce qu’ils sont « les plus vulnérables face à la pollution de l’air. L’Unicef indique qu’en France, trois enfants sur quatre respirent un air toxique, et dans le monde, cela concerne neuf enfants sur dix ». Le NO2 représente « un facteur de risque accru de graves maladies respiratoires chez les enfants », tandis que « les PM2,5 sont le polluant le plus toxique, il pénètre profondément dans les poumons puis passe dans la circulation sanguine pour atteindre tous les organes », précise l’étude.

Des efforts à poursuivre en matière de mobilité

A Lyon même, « les concentrations s’améliorent sur chaque polluant en moyenne ». Mais que l’on ne s’y trompe pas : sur le NO2, 47 établissements sont passés d’un « air très préoccupant » à un « air mauvais ». L’association note que si « la tendance globale des concentrations de PM10 est en forte amélioration entre 2015 et 2019 », grâce aux efforts des collectivités, « les niveaux de pollution au NO2 restent au-dessus des recommandations de l’OMS ». Quant aux niveaux de concentration de PM2,5, ils sont « en amélioration » mais « restent supérieurs aux recommandations de l’OMS ».

Avec son étude, Respire appelle les collectivités à poursuivre leurs efforts : « On sait que la première source de pollution de l’air en France est le trafic routier, notamment le dioxyde d’azote », rappelle Tony Renucci. « Il faut donc réduire celui-ci, en promouvant des aménagements urbains, la piétonnisation, les mobilités douces, les transports en commun… »

Pour assainir les écoles, l’association préconise l’utilisation des capteurs de CO2 et des purificateurs d’air. « Un rapport parlementaire récent va aussi dans ce sens, conclut le directeur de Respire. Il faut profiter de ce type d’étude pour expérimenter les dispositifs existants en conditions réelles, qui démontreraient leur efficacité, et peut-être encourageraient le gouvernement à engager des moyens. » Equiper les écoles en capteurs de CO2 coûterait 20 millions d’euros à l’Etat. C’est peu comparé au coût qu’engendrerait une génération touchée par des maladies respiratoires.