Toulouse : Une prime de réparation pour redonner vie aux objets au lieu de les jeter

REDUCTION DECHETS Toulouse Métropole a mis en place une prime de réparation à destination des particuliers dont le montant peut atteindre jusqu’à 30 % de la dépense

Béatrice Colin
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Un lave-linge en cours de réparation (Illustration).
Un lave-linge en cours de réparation (Illustration). — JC Tardivon/SIPA
  • Pour inciter les habitants à réparer plutôt que racheter un objet, Toulouse Métropole a mis en place une prime de maximum 100 euros pour alléger la facture.
  • Entre fin octobre et fin décembre, 178 habitants en ont bénéficié, la moitié l’ayant utilisé pour réparer un matériel Hi-Fi.
  • Cette prime doit être utilisée dans le réseau répar’acteurs mis en place par la Chambre de métiers et d’artisanat, qui compte 800 membres en Occitanie.

Chaque année, plus d’un milliard d'équipements électriques et électroniques sont mis sur le marché, soit plus de 2 millions de tonnes de machines à laver, de téléviseurs et autres ordinateurs. Lorsqu’ils tombent en panne, ces appareils sont  collectés puis recyclés. Mais avant de les mettre à la poubelle, trop rares sont ceux qui pensent à les faire réparer.

Entre 50 et 113 millions de portables seraient ainsi inutilisés en France. Les deux tiers de ces mobiles qui dorment dans un tiroir sont pourtant encore en état de marche. Quand on sait que pour produire un téléphone portable, il faut 75 kg de ressources consommées, on comprend l’intérêt écologique de le réparer avant d’en acheter un nouveau.

Pour inciter les habitants de l’agglomération toulousaine à opter pour cette solution, Toulouse Métropole a mis en place une prime «réparation» à destination des particuliers. Attribuée aux ménages touchant moins de 35.052 euros par an, cette aide financière permet de prendre en charge jusqu’à 30 % du montant de la réparation avec un maximum de 100 euros.



« Elle permet d’éviter de consommer pour consommer, c’est un moyen d’aider les gens au réemploi de l’objet et d’éviter ainsi de produire de nouveaux déchets, de les réduire en consommant différemment », explique Gnadang Ousmane, présidente de la commission « économie circulaire et déchets » à Toulouse Métropole.

41 euros en moyenne

Cette prime adoptée il y a deux ans, mais vraiment déployée seulement depuis l’automne dernier, a été attribuée à 178 habitants entre le 26 octobre et le 31 décembre, pour un montant moyen de 41 euros, remboursés après présentation de la facture dans un délai de deux mois. « Au total, 7.350 euros de primes ont été accordés durant cette période. Environ 75 % des bénéficiaires nous ont dit qu’ils avaient été incités à réparer grâce à la prime, cela leur a permis de passer un cap », poursuit l’élue. 

La moitié de ces aides ont servi à retaper du matériel Hi-Fi, du vieux tourne-disque à l’enceinte ultramoderne. Dans 39 % des cas, elle a contribué à redonner une seconde vie à de l’électroménager et dans 11 % des cas à réparer des téléphones portables. Des primes qui ont généré environ 250.000 d’investissements au sein du réseau Répar'acteurs Occitanie.

« Faciliter l’accès » à cette prime

« Les 800 artisans membres du réseau se sont engagés à favoriser la réparation et ainsi promouvoir la réduction des déchets. Ils sont favorables à ce type d’initiative qui encourage la réparation plutôt que son renouvellement », assure de son côté Lucien Amoros, le président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de Haute-Garonne, dont la démarche est accompagnée par l’Ademe.

Tout ce qui peut pousser à remplacer plutôt que jeter, Alexandre Isaac, le fondateur de la Repair Academy, y est favorable. Membre du réseau Répar’acteurs, après avoir donné une seconde vie aux smartphones que certains pensaient bons pour la poubelle, ce Toulousain a décidé de former les autres à toutes les techniques qui permettent d’éviter de jeter.

« Aujourd’hui, une grande partie de la population réfléchit à deux fois avant de changer son téléphone et on voit bien que la vente de téléphones reconditionnés augmente chaque année. Maintenant, il faut mettre cette prime plus avant, pour que tout le monde puisse la connaître, faciliter son accès. Moi, c’est un client qui m’en a parlé », relève le jeune entrepreneur.