Marseille : Avec « AirLoquence », des lycéens se forment à l’oral et aux enjeux de pollution de l’air

REPORTAGE Ce programme original vise à sensibiliser les jeunes à la qualité de l’air, en passant par l’apprentissage de la prise de parole

Caroline Delabroy
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Une classe du lycée Marseilleveyre participe à Marseille au programme AirLoquence
Une classe du lycée Marseilleveyre participe à Marseille au programme AirLoquence — C.Delabroy/20 Minutes
  • Une classe de seconde du lycée Marseilleveyre à Marseille a participé au programme AirLoquence, visant à sensibiliser les jeunes à la qualité de l’air.
  • Ils présentaient vendredi le résultat de quatre sessions de travail (et d’humour) sur la prise de parole et les questions liées à la pollution de l’air.

Cela commence par un débat sur… les baleines volantes. Deux élèves du lycée Marseilleveyre, gros vaisseau amiral aux portes des Calanques à  Marseille, se lancent dans une improvisation sur le sujet. Arguments pour et contre à l’appui, et micro à la main. « L’humour avant le fond, c’est important qu’ils soient détendus, après on peut parler d’autre chose », explique Victor-Hugo Espinosa, créateur et animateur d’AirLoquence. Ce programme, en partenariat avec l’association AtmoSud et la région, vise à sensibiliser les jeunes à la  qualité de l’air. En leur donnant les bons outils : la prise de parole et l’envie d’aller plus loin.

« Ce n’était pas du tout ce que j’imaginais », sourit Timothée, qui avoue avoir été au départ assez dubitatif en entendant parler juste « d’éloquence ». Puis il s’est piqué au jeu, avec ses autres camarades de classe. Et il campe ce vendredi un maire tout à fait crédible dans un jeu de rôle opposant le médecin, le laboratoire, l’usine et l’association « casse-pieds » qui s’inquiète du rejet dangereux de particules fines de ladite usine, nouvellement installée sur la commune. « Ce débat se conclura donc au tribunal », conclut-il, magnanime.

Oraux du bac

« On est allés faire des recherches sur la santé, on a trouvé des choses à dire pour défendre nos idées, je ne pensais pas que cela aurait autant d’impact, raconte aussi Léa. A chaque fois, on nous parle d’écologie, d’environnement, mais c’est un peu vaste. On n’a pas l’occasion d’en parler et d’entendre des idées. C’est intéressant d’être là pour ça, c’est important aussi pour sensibiliser nos petits frères. » « Cela nous a rapprochés aussi, donné confiance en nous », ajoute Tess.

Professeur de physique chimie, et référente en développement durable au niveau de l’établissement, Eliane Duval-Malara mesure le chemin parcouru en quatre sessions. Sur la dynamique de classe, la prise de parole en vue des oraux du bac, mais pas seulement : « Ils ont appris que ce sont des associations qui s’occupent de la surveillance de la qualité de l’air, que cela se fait avec des capteurs, que ces données sont disponibles. Et qu’une quantité très faible dans l’air de particules fines peut avoir un effet sur l’organisme. »

Du coin de l’œil, Dominique Robin, directeur d’AtmoSud, surveille d’ailleurs le capteur de CO2 qu’il a posé dans la classe. « La prise de parole, c’est aussi notre possibilité de se faire entendre dans le débat, de devenir des écocitoyens », dit-il, avant de constater que, malgré la fenêtre ouverte, le taux de dioxyde de carbone a dépassé le seuil où « il se traduit par une petite somnolence et perte d’apprentissage. » Il est temps de lever la séance.