Bretagne : « On n'a jamais connu de telles pertes »… Les producteurs de porcs réclament des aides

AGRICULTURE Lors d’une réunion à la préfecture de Bretagne ce mardi après-midi, la filière va demander la mise en place d’un plan Covid-19 pour soulager les éleveurs

Jérôme Gicquel
Illustration d'un élevage de porcs, ici en Bretagne.
Illustration d'un élevage de porcs, ici en Bretagne. — C. Allain / 20 Minutes
  • Les éleveurs de porcs enregistrent des pertes records en ce moment.
  • Cette situation tendue s’explique par la hausse du prix des matières premières et l’encombrement du marché européen.
  • Inquiets pour leur avenir, les producteurs bretons réclament la mise en place d’un plan Covid.

Pour les 5.000 producteurs de porcs bretons, la situation n’est pas tout rose en ce moment. « Nous sommes habitués dans notre filière à connaître des hauts et des bas mais là c’est du jamais vu », alarme Michel Bloc’h, président de l’Union des groupements de producteurs de viande  de Bretagne (UGPVB).

Depuis plus d’un an, plusieurs facteurs ont en effet plongé la profession dans la crise. Il y a bien sûr la crise sanitaire qui a chamboulé les exportations, le variant Omicron grippant encore plus toute la chaîne logistique. Sans compter la flambée du prix des matières premières qui alourdit la facture dans les élevages porcins où « 75 % des charges sont alimentaires », rappelait fin novembre François Valy, président de la Fédération nationale porcine.

A cela s’ajoute l’épidémie de peste porcine africaine qui continue de se propager en Europe et a eu pour conséquence de freiner les exportations, notamment vers la Chine. « L’Allemagne, premier producteur européen, a de grosses difficultés à exporter, souligne Michel Bloc’h. Ils compensent en déversant une grosse partie de leur production en Europe et cela a pour conséquence d’encombrer le marché. »

Des pertes de 100.000 euros sur un semestre

Dans ce contexte, les producteurs français ont bien du mal à joindre les deux bouts. « On perd entre 30 et 40 euros par porc vendu en ce moment, on a jamais connu de telles pertes », s’inquiète Michel Bloc’h, craignant une baisse de la production dans les prochains mois. « Ce n’est pas possible de tenir quand on perd près de 100.000 euros sur un semestre, souligne-t-il. De nombreux producteurs vont être contraints de mettre la clé sous la porte ».

Courant décembre, une petite note d’espoir est toutefois venue de Chine avec la signature d’un accord de zonage permettant l’exportation de porcs français même en cas de peste porcine. « On ne peut que s’en réjouir mais cela ne suffit pas car on exporte quand même beaucoup moins qu’il y a deux ans », indique Michel Bloc’h.

La filière bovine a déjà eu son plan Covid

Pour aider la filière, le président de l’UGPVB en appelle à l’État. À l’occasion d’une réunion avec toutes les filières agricoles bretonnes ce mardi après-midi, il compte d’ailleurs demander au préfet de région la mise en place d’un plan Covid-19.

« D’autres y ont eu le droit comme les éleveurs bovins donc pourquoi pas nous », souligne le président de l’UGPVB, précisant par ailleurs que de nombreux pays européens comme l’Allemagne ou la Pologne ont soutenu financièrement leur filière porcine. « Nous n’avons jamais rien demandé depuis le début de la crise sanitaire mais là nous avons vraiment besoin d’aide », assure-t-il.