Afrique du Sud : La justice suspend l’exploration sismique du géant Shell pour trouver pétrole et gaz

ENERGIE Shell aurait envoyé une onde de choc toutes les dix secondes dans l’océan au large d’une des plus belles côtes du pays

M.F avec AFP
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Une femme tient une pancarte sur la plage alors que des centaines de personnes (non visibles) participent à une manifestation contre le projet de la compagnie pétrolière néerlandaise Shell de mener des études sismiques sous-marines le long de la côte est de l'Afrique du Sud, à Muizenberg Beach, au Cap, le 5 décembre 2021.
Une femme tient une pancarte sur la plage alors que des centaines de personnes (non visibles) participent à une manifestation contre le projet de la compagnie pétrolière néerlandaise Shell de mener des études sismiques sous-marines le long de la côte est de l'Afrique du Sud, à Muizenberg Beach, au Cap, le 5 décembre 2021. — RODGER BOSCH / AFP

L’écologie l’emporte parfois sur l’économie. Le tribunal de Grahamstown en Afrique du Sud a interdit mardi au géant  Shell « d’entreprendre des opérations de prospection sismique » au large de la « Wild Coast ». Le géant de l’énergie avait décidé de lancer un nouveau projet pour rechercher pétrole et gaz sur plus de 6.000 km2 devant cette côte ouverte sur l’océan Indien.

Militants écologistes, pêcheurs et locaux s’y étaient opposés, affirmant que l’exploration sismique représentait une menace pour la faune marine. Or la « Wild Coast », aux paysages sauvages spectaculaires, compte plusieurs réserves naturelles et zones marines protégées.

Une vue de la
Une vue de la - Toast Coetzer / Rex Fea/REX/SIPA

Un long bras de fer

Des milliers de défenseurs de l’océan et d’amoureux de la nature ont manifesté courant décembre sur différentes plages du pays et bloqué des stations essence Shell, appelant au boycott. Au début du mois, la justice du pays avait rejeté un premier recours des militants écologistes. Le ministre de l’Energie avait défendu le projet, accusant ses détracteurs de faire barrage aux investissements économiques dont l’Afrique du Sud a besoin.

Cette fois, dans ce nouveau recours impliquant la communauté vivant dans ce coin de nature jusqu’ici préservé, le juge Gerald Bloem a estimé que Shell n’avait pas rempli l’obligation de consulter la population locale, qui détient notamment des droits de pêche et entretient un « lien spirituel et culturel particulier avec l’océan ». « Nous respectons la décision du tribunal et avons suspendu l’étude pendant que nous examinons le jugement », a déclaré un porte-parole de Shell, qui n’a pas précisé si l’entreprise ferait appel.

L’exploration sismique, un fléau pour la faune maritime

La prospection offshore d’énergies fossiles utilise l’analyse de la propagation d’ondes sismiques pour déterminer la structure géologique des sols susceptibles de contenir des hydrocarbures. Les ondes de choc sont envoyées par des bateaux équipés de canons à air. Selon les écologistes, ces détonations risquent de perturber le comportement de la faune, son alimentation, sa reproduction ainsi que les migrations, notamment celle des baleines, la plupart des animaux marins s’appuyant sur l’audition.

Le projet de Shell devait s’étendre sur cinq mois sans interruption. Les recherches impliquaient l’envoi d’une puissante onde de choc toutes les dix secondes, 24/24h.