Hauts-de-France : Le loup de retour après avoir passé la frontière belge?

LOUP, Y ES-TU? Après la découverte de zones de présences permanentes du loup à différents endroits en Belgique, le retour de l’animal dans les Hauts-de-France semble proche

Gilles Durand
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Le loup est revenu en France au début des années 90. (Illustration)
Le loup est revenu en France au début des années 90. (Illustration) — Gilles Durand / 20 Minutes
  • Jusqu’au 9 janvier, le musée d’Histoire naturelle de Lille consacre une exposition au loup, un animal qui risque de faire son retour dans les Hauts-de-France, plus rapidement que prévu.
  • En Belgique, deux couples se sont fixés et ont eu des petits, en 2021.
  • Dans la région, seules quatre observations de loup ont été officialisées, pour l’instant.

Ça y est, le loup est aux portes des  Hauts-de-France. On le revoit un peu partout en France et depuis quelques semaines, certains naturalistes s’accordent à considérer que son retour dans la région n’est plus qu’une question de temps, peut être même de quelques mois, seulement. Cette prévision s’appuie sur la découverte de  zones de présence permanente de loups et de deux couples fixés en Flandre belge et en Wallonie.

Le naturaliste nordiste, Vincent Gavériaux, a consacré une conférence sur le sujet au musée d’histoire naturelle de Lille, en décembre. « En Wallonie, c’est un mâle qui s’est d’abord installé dans les Hautes Fagnes, en 2018, avant d’être rejoint par une femelle en 2020 », raconte-t-il. Dans ce secteur assez sauvage, situé entre Liège et la frontière allemande, le couple s’est reproduit en juin 2021 pour donner naissance à trois louveteaux.

Identification de 21 loups différents en Wallonie

Selon la région wallonne et l’association belge Natagora (qui réunit plus de 25.000 naturalistes), un autre loup solitaire, baptisé Billy, s’est également fixé dans ce secteur. « En Wallonie, 21 loups différents ont été identifiés grâce aux analyses génétiques, note Vincent Gavériaux. Selon les autorités régionales, cette présence du loup est certainement sous-estimée car on a recensé plus de mille signalements, dont 189 correspondent effectivement à l’animal. »

En Flandre belge, aussi, on voit revenir le loup. Après maintes péripéties, un couple s’est aussi implanté dans le nord de la région, près de Maastricht, sur un terrain militaire. « C’est une louve venue d’Allemagne et munie d’un collier émetteur qui est arrivée la première en 2017. Deux ans plus tard, on l’a vue gestante, puis transportant de la nourriture pour nourrir ses petits. Puis, plus de nouvelles, avant de la retrouver morte avec ses louveteaux, tués volontairement. Des suspects ont été arrêtés », précise Vincent Gavrériaux.

Cependant, le mâle n’est pas resté veuf très longtemps. Il a été rejoint en 2020 par une autre femelle, Noëlla. Cette dernière a également mis bas cinq petits dont deux sont décédés très vite. Un troisième a été retrouvé mort, renversé par une voiture, le 16 novembre.

Carrefour des migrations

« Ce n’est pas une surprise de voir le loup se fixer en Belgique, note Vincent Gavériaux. Le pays est au carrefour des migrations venues d’Italie et des loups venus d’Allemagne. » Les loups étant des animaux qui se déplacent beaucoup et rapidement, tous ces jeunes louveteaux risquent de chercher de nouveaux territoires dans les prochaines années.

Et dans les Hauts-de-France, certains coins sont propices à son établissement : l’Avesnois, par exemple, ou certaines zones de l’Artois où prolifèrent les chevreuils. Selon l’observatoire de la biodiversité (OFB), seules quatre observations ont été certifiées dans la région, jusqu’à présent : deux dans la Somme, une dans l’Aisne et une dans l’Oise. Mais une vingtaine de signalements ont été pris au sérieux.

Exposition au musée d’histoire naturelle de Lille

Reste que le retour de l’animal provoque encore beaucoup d’émoi, comme le prouvent trois attaques de bétails dans le Pas-de-Calais, en novembre 2019. « L’OFB avait finalement conclu que ça ne pouvait pas être l’œuvre du loup », souligne Vincent Gavériaux.

En attendant de croiser un jour son chemin, on peut découvrir ce grand prédateur dans l’exposition Ni méchant, ni gentil qui lui est consacré, jusqu’au 9 janvier, au musée d’histoire naturelle de Lille. On y apprendra peut-être comment l’animal peut  cohabiter avec le puma. Vous savez, celui qui a été aperçu, il y a deux mois, à la frontière entre la Somme et le Pas-de-Calais et qui, depuis, s’est volatilisé.