COP26 : Le Haut Conseil pour le climat demande à la France de revoir à la hausse ses objectifs

ENVIRONNEMENT L’objectif de réductions d’émissions de la France actuellement à -40 % en 2030 par rapport au niveau de 1990 ne serait plus à la hauteur

M.F avec AFP
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Brume de pollution au-dessus de Lyon, dans le sud-est de la France, le 15 octobre 2021.
Brume de pollution au-dessus de Lyon, dans le sud-est de la France, le 15 octobre 2021. — PHILIPPE DESMAZES / AFP

Peu mieux faire. La copie de la France en matière de climat n’est pas assez satisfaisante selon le Haut Conseil pour le climat. L’organisme indépendant voulu par Emmanuel Macron pour évaluer les politiques climatiques de la France s’est penché sur les décisions prises à la COP26 et leurs implications pour le pays. Malgré les avancées enregistrées lors de ces négociations internationales, « la somme des nouvelles ambitions ne permet pas de limiter le réchauffement à 1,5°C comme c’était l’ambition » de l’Accord de Paris, a commenté la présidente du HCC, Corinne le Quéré, lors d’une visio-conférence.

« La décennie actuelle doit être la décennie de l’action, avec des réductions massives dès maintenant » des émissions de gaz à effet de serre, a-t-elle poursuivi. A l’échelle française, le HCC recommande de « rehausser les objectifs 2030 de la France et clairement spécifier les enjeux pour tous les secteurs émetteurs, y compris l’aviation et les transports maritimes internationaux » aujourd’hui exclus des engagements.

Nouvel objectif de baisse des émissions

« L’objectif de réductions d’émissions de la France actuellement à -40 % en 2030 par rapport au niveau de 1990 n’est plus à la hauteur des enjeux soulignés à la COP26 », précise le HCC dans son rapport, d’autant que l’Union européenne s’est fixée comme nouvel objectif une baisse de 55 %.

Les plans climat ministériels – dont seulement trois sur dix ont été publiés – « doivent être coordonnés au niveau du Premier ministre et être calibrés sur les enjeux climatiques », a insisté Corinne Le Quéré. Il s’agit de « clairement spécifier les enjeux pour tous les secteurs émetteurs », en particulier le transport routier et l’agriculture qui ne voient pas leurs émissions baisser suffisamment, a-t-elle poursuivi.

La responsabilité de la France engagée

Corinne Le Quéré a aussi regretté qu’aucun Conseil de défense écologique n’ait été réuni depuis février 2020. Le HCC préconise aussi de « renforcer la gouvernance et les moyens mis en œuvre en matière de climat », d'« assurer un suivi des engagements internationaux pris par la France » et enfin de « reprendre l’initiative à l’international sur le climat dans la perspective des futures COP27 en Egypte et COP28 aux Emirats arabes unis, en y associant notamment les acteurs économiques », selon un communiqué.

« On est en train de jouer l’avenir de l’Accord de Paris » et « la France a cette responsabilité de continuer à être très active », a commenté Laurence Tubiana, membre du HCC et l’une des architectes de l’accord de Paris en 2015.