Images de science : Comment de minuscules larves de hareng permettent d’étudier le changement climatique

BIODIVERSITÉ Découvrez, chaque jour, une analyse de notre partenaire The Conversation. Aujourd’hui, des écologues nous expliquent comment prévenir l’impact environnemental sur une espèce

20 Minutes avec The Conversation
Larves de hareng prises en macro-photographie (largeur réelle de la photo : 2 cm)
Larves de hareng prises en macro-photographie (largeur réelle de la photo : 2 cm) — Autrices + Ifremer (via The Conversation)
  • Le changement climatique pourrait affecter le développement de larves de hareng, selon notre partenaire The Conversation.
  • Or la phase larvaire est une période déterminante pour le renouvellement des stocks de poissons.
  • L’analyse de ce phénomène a été menée par Léa Joly, doctorante en biologie et écologie des larves de poissons et Carolina Giraldo, chercheuse en écologie marine (toutes deux à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer – Ifremer).

Les larves ci-dessus sont des larves de hareng de l’Atlantique, âgées d’environ un mois et mesurant en moyenne 2 centimètres. Comme la plupart des larves de  poissons, elles ont un corps majoritairement transparent et sont dépourvues d’écailles.

La phase larvaire est une période déterminante pour le renouvellement des stocks de poissons. Pendant cette période, la mortalité est très importante, principalement à cause de la prédation (peu d’individus atteignant l’âge adulte).

C’est notamment pendant cette étape que se développent le corps et les organes du poisson, de l’ouverture de la bouche jusqu’au développement de toutes les nageoires. Les larves sont donc beaucoup plus sensibles aux modifications de l’environnement dans lequel elles se développent que les adultes. Or, dans un contexte de changement climatique, il devient crucial de savoir si les larves sont capables de survivre et de se développer correctement au regard des différents scénarios établis par les travaux scientifiques du  GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) pour l’  océan en 2100.

Larve de hareng (Clupea harengus) à 30 jours post-éclosion © Dugornay Olivier/Ifremer

Une « crèche » expérimentale

Pour tenter de répondre à cette question, les larves sont élevées en milieu expérimental de la naissance jusqu’à la fin de la période larvaire (projet CoCKtAIL-IFREMER-AWI). Cela signifie que les paramètres du milieu (physiques ou biologiques) dans lequel les larves grandissent sont contrôlés afin d’être en mesure de décrire l’effet précis d’un ou plusieurs paramètres combinés.

Ici, les larves de hareng sont élevées dans des conditions dites témoin, qui reflètent l’environnement actuel, et dans des conditions où la température et l’acidité de l’eau sont augmentées pour imiter les futures conditions de l’océan. L’élevage permet d’avoir un accès direct aux larves et en comparant les individus en fonction de leur environnement d’élevage, il est possible de comprendre les impacts du changement climatique sur leur physiologie, leur développement et leur taux de survie.

Cette étude s’intéresse à une population de harengs qui se reproduit en hiver le long des côtes Normandes et du  Nord-Pas-de-Calais et représente une importante source économique. Si le hareng est important pour l’homme, il a aussi une place indispensable au sein du réseau trophique puisqu’il sert de nourriture pour d’autres poissons, oiseaux et  mammifères marins. Le devenir du hareng face au changement climatique soulève donc des enjeux écologiques et socio-économiques cruciaux.

Cette analyse a été rédigée par Léa Joly, doctorante en biologie et écologie des larves de poissons et Carolina Giraldo, chercheuse en écologie marine (toutes deux à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer – Ifremer).
L’article original a été publié sur le site de The Conversation.

- © The Conversation


Déclaration d’intérêts

Léa Joly a reçu des financements de l'IFREMER et de l'AWI.
Carolina Giraldo a reçu des financements de l'IFREMER.