Rennes : Comment la ville veut renforcer la place de l’arbre

NATURE EN VILLE La municipalité rennaise vient d’adopter une charte de l’arbre avec 33 engagements pour préserver et développer son patrimoine arboré

Jérôme Gicquel
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Pendant la campagne, la maire de Rennes Nathalie Appéré s'est engagée à planter 30.000 arbres sur le mandat.
Pendant la campagne, la maire de Rennes Nathalie Appéré s'est engagée à planter 30.000 arbres sur le mandat. — J. Gicquel / 20 Minutes

  • Durant la campagne, la maire Nathalie Appéré s’est engagée à planter 30.000 arbres d’ici la fin du mandat.
  • La charte de l’arbre émet notamment des recommandations sur les essences à proscrire ou à favoriser au cours des prochaines années en raison du réchauffement climatique.

Plus de vert et moins de gris. Pendant la dernière campagne des municipales, le thème de la nature en ville s’était imposé comme l’un des thèmes majeurs de l’élection à  Rennes, les candidats rivalisant d’idées pour végétaliser la ville. Réélue maire,  Nathalie Appéré s’est ainsi engagée à planter un solde net de 30.000  arbres d’ici la fin du mandat. Si la promesse est tenue, la capitale bretonne, classée cinquième métropole la plus verte de France en 2019, comptera alors 150.000 arbres sur l’espace public en 2026 et presque autant sur l’espace privé. Début 2022, une opération symbolique sera d’ailleurs menée avec  la plantation de 18 arbres des deux côtés de la place de la mairie pour un coût estimé à plus de 200.000 euros.

Cet engagement figure en bonne place dans la charte de l’arbre qui vient d’être adoptée lundi soir au conseil municipal. Issu d’échanges initiés lors de la concertation Rennes 2030, ce document d’une cinquantaine de pages liste les 33 engagements de la ville pour « préserver et développer son patrimoine arboré », selon Didier Chapellon, adjoint délégué à la biodiversité.

« D’ici à 2100, Rennes aura les mêmes arbres que Toulouse »

Grâce à une cartographie de la canopée rennaise, on apprend ainsi que le feuillage recouvre seulement 11 % de la surface aérienne dans le centre-ville, contre 33 % dans le quartier de Maurepas, qui bénéficie de sa proximité avec le parc des Gayeulles. Pour y remédier, des arbres et des espaces végétalisés vont ainsi fleurir ces prochains mois sur les petites places du centre-ville comme Champ-Jacquet, Parcheminerie ou Toussaint.

Dans sa charte, la ville prévoit aussi de favoriser les plantations d’arbres dans les parkings aériens, publics ou privés, de créer de nouveaux vergers partagés et d’organiser un recensement des zones qui peuvent potentiellement être plantées. Il est aussi question d’essences à privilégier et d’autres à bannir. « D’ici à 2100, nous aurons les mêmes arbres que Toulouse donc on travaille dans cette optique-là », souligne Didier Chapellon. Avec les conséquences du réchauffement climatique, le merisier, le hêtre commun ou le chêne pédonculé sont ainsi désormais à proscrire, au profit de l’érable champêtre, du chêne vert ou du pommier sauvage.

La ville s’engage enfin à travers cette charte « à mieux informer » les riverains sur les abattages. Dans ce domaine, la municipalité rennaise a tout de même connu quelques ratés. Dans deux décisions récentes, le tribunal administratif a ainsi donné raison à l’association La Nature en ville qui contestait l’abattage d’arbres le long des avenues Janvier et Buttes-des-Coësmes.