Le volcan le plus actif d'Islande est sous étroite surveillance après une « jökulhlaup »

ERUPTION Une immense crue glaciaire sur le Grimsvötn pourrait entraîner une forte éruption

B.Ch. avec AFP
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Le volcan islandais Grimsvotn lors de son éruption de 2011
Le volcan islandais Grimsvotn lors de son éruption de 2011 — AP/SIPA

Le Grimsvötn, le volcan le plus actif d’Islande, est sous surveillance ce week-end du fait d’une immense crue glaciaire en cours susceptible de déclencher une éruption, selon les autorités. Phénomène naturel brutal connu sous le nom de « jökulhlaup », cette tumultueuse coulée d’eau en cours depuis dix jours devrait « très probablement » culminer dimanche, a indiqué l’Institut météorologique d’Islande.

La baisse de pression sur le volcan entraînée par l’écoulement de millions de tonnes d’eau « peut déclencher une éruption », comme ce fut le cas en 2004, mais également en 1934 et 1922, souligne l’organisme chargé de la surveillance volcanique dans un communiqué.

A l’inverse, les coulées glaciaires, qui selon les scientifiques sont accélérées par le changement climatique, peuvent aussi avoir lieu sans éruption.

Des éruptions fréquentes

Situé sous un immense glacier nommé Vatnajökull dans une zone inaccessible du centre de l’Islande, le volcan Grimsvötn était entré en éruption pour la dernière fois en 2011. « Les éruptions récentes du Grimsvötn se sont produites environ tous les 5 à 10 ans, et du fait des mesures et des observations, les scientifiques s’accordent sur le fait qu’il est prêt à entrer en éruption », souligne l’IMO dans un communiqué.

« Il n’est toutefois pas possible de prédire s’il y aura une éruption à la suite de cette crue-ci », reconnaît l’institut. Contrairement à l’épisode de 2004, qui avait suivi une crue glaciaire et une série de séismes, aucun tremblement de terre n’est pour l’heure détecté dans le secteur.

Nuages de cendres géants

Lors de l’éruption de 2011, le nuage de cendres du Grimsvötn avait brièvement perturbé le trafic aérien au-dessus des îles britanniques, mais sans commune mesure avec l’éruption de l’Eyjafjallajökull en 2010, qui avait quasi intégralement paralysé le trafic en Islande et vers l’Europe pendant des jours.

La dernière éruption en Islande s’est produite le 19 mars près du mont Fagradalsfjall, à 40 kilomètres au sud-ouest de la capitale Reykjavik.

Après six mois de sublimes coulées de lave sans dégâts ni victimes, le magma ne sort plus du volcan depuis le 18 septembre mais il est encore trop tôt pour déclarer l’éruption terminée, selon les experts.