Toulouse : Avec leur odeur naturelle de violette, les jeunes champions en biologie ont eu du nez

AU PARFUM En reproduisant une fragrance de violette sans les produits chimiques habituels, des étudiants toulousains ont remporté un concours mondial de biologie. Et l’aventure va continuer

Hélène Ménal
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Des violettes sauvages. Illustration.
Des violettes sauvages. Illustration. — Couleur - PixaBay
  • Une équipe d’étudiants toulousains vient de remporter un prestigieux concours mondial de biologie synthétique.
  • Elle a réussi à reproduire le parfum de la violette grâce à des micro-organismes et sans produit chimique.
  • Un industriel du parfum s’intéresse aux travaux des champions.

Il faut se lever tôt pour capturer le parfum de la violette Sauf à broyer des quantités astronomiques de cette fleur fragile, que les spécialistes savent « muette » en termes d’odeur. Les industriels s’évitent d’ailleurs la corvée et, pour obtenir la fragrance de la fleur emblématique de la Ville rose, ils se contentent souvent d’utiliser des dérivés de produits pétrochimiques

D’où l’idée de six étudiants toulousains (de l’Université Paul-Sabatier et l’Insa) d’obtenir une fragrance de violette écolo et durable, à base de levures programmées génétiquement et de bactéries. Le challenge était intéressé. Quand au début de l’été 2021, ils ont décidé de se lancer dans le projet Elixio et de se confiner trois mois dans leur labo plutôt que d’aller à la plage, leur ambition était tout simplement de gagner une médaille l'iGEM, la prestigieuse compétition mondiale de biologie synthétique créée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT). Et de s’inscrire dans les pas des Toulousains de l’année précédente avec leurs astucieuses super-levures pour astronautes, médaillées d’argent.

Une thèse pour poursuivre l’aventure

Carton plein. « Au bout de trois mois, nous avons détecté une odeur de violette au-dessus de nos levures », assure Camille Pin, membre de l’équipe. Puis, après s’être fait cuisiner pendant 25 minutes – en format Zoom, Covid-19 oblige – par un jury de spécialistes, la consécration est arrivée. Voilà les Toulousains champions du monde de biologie synthétique, dans la catégorie jeunes. Camille et ses amis n’y voient pas que l’opportunité utilitaire d’ajouter une belle ligne à leur CV.  « Nous avons surtout vécu une aventure enrichissante, qui nous a fait grandir et gagner en expérience », dit l’étudiante.

Et cette épopée pourrait se poursuivre après un passage de témoin. Un groupe, spécialisé dans les arômes ou parfums et, forcément, implanté à Grasse, faisait partie des sponsors de l’équipe pour l’iGem. « Il est très intéressé pour financer une thèse sur la base de nos travaux », explique Camille Pin. Il flotte comme un parfum de succès durable.