Transports : La « fin » des bus électriques en Allemagne à cause d'incendies ? Gare à ce message relayé sur Facebook

FAKE OFF Un message relayé sur Facebook indique que les bus électriques sont « finis » Outre-Rhin en raison de trois incendies qui se sont déclenchés cette année

Mathilde Cousin
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Un bus électrique en Allemagne (image d'illustration).
Un bus électrique en Allemagne (image d'illustration). — Caro / Schulz /SIPA
  • Un texte relayé plus de 4.000 fois sur Facebook met en garde contre les bus électriques, affirmant que ceux-ci sont « finis » en Allemagne après trois incendies qui se sont déclenchés cette année dans des dépôts où se trouvaient des bus électriques.
  • Pour au moins un de ces trois incendies, les bus électriques ne seraient pas la cause du départ du feu.
  • S’il existe un risque de départ de feu au moment du chargement, des mesures sont prises pour limiter celui-ci, rappelle un expert interrogé par 20 Minutes.

« Fini » les bus électriques en Allemagne ? C’est le titre erroné d’un post publié sur Facebook le 21 novembre et relayé plus de 4.000 fois.

« Il s’avère que les bus électriques ont par trois fois été responsables de départs d’incendies importants dans les dépôts de Stuttgart, Düsseldorf et Munich pendant leur charge la nuit. Ces incendies ont détruit d’énormes flottes de véhicules. Ils sont désormais déjà interdits dans la ville de Munich depuis hier », peut-on lire sur ce post. L’internaute indique tirer cette information du journal allemand Die Welt.

Non, les bus électriques ne sont pas « finis » en Allemagne.
Non, les bus électriques ne sont pas « finis » en Allemagne. - Capture d'écran Facebook

FAKE OFF

Trois incendies ont bien eu lieu dans des dépôts de bus en Allemagne cette année, comme le relatait le 9 octobre Die Welt : le 1er avril à Düsseldorf, le 5 juin à Hanovre et le 30 septembre à Stuttgart.

Toutefois, l’incendie à Düsseldorf n’a probablement pas été déclenché par un bus électrique : l’incendie se serait déclenché dans une autre partie du dépôt que celle où étaient stationnés les bus électriques, selon le Rheinische Post. Des bus diesel se trouvaient également sur place. Les experts des assurances et du parquet ont écarté l’hypothèse d’un départ de feu criminel et ont conclu à une cause « technique », ce que confirme également la police de la ville à 20 Minutes.

A Hanovre, la cause de l’incendie est encore « inconnue »

A Hanovre, la cause et le lieu du départ du feu sont encore « inconnus », précise à 20 Minutes Üstra, la régie de transports. La cause serait « technique », selon la police citée par le Norddeutscher Rundfunk, la radio publique de Basse-Saxe. Neuf bus ont été détruits dans l’incendie.

A Stuttgart, c’est un bus électrique qui est à l’origine du feu qui a causé la destruction de 25 véhicules, confirme la police auprès de 20 Minutes. « Peu de temps avant le début du feu, un employé avait commencé le processus de chargement », ajoutent les forces de l’ordre, pour qui la cause du feu est, avec « une haute probabilité », un « défaut technique ».

Quant à MVG, la régie de transports munichoise, elle n’a pas arrêté définitivement de faire rouler ses bus électriques : elle les a, au contraire, remis en service le 25 octobre. Seul un bus, qui fait l’objet d’un rappel par le constructeur, n’a pas été remis en circulation.

Alors que le nombre de bus électriques en circulation en France est amené à augmenter, ces véhicules présentent-ils un risque plus élevé et avéré d’incendie que les véhicules thermiques ? Nous avons posé la question à Benjamin Truchot, chargé de mission au sein de la direction incendie, dispersion et explosion de l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) : « Il est un peu difficile de dire que c’est avéré avec les retours d’expérience que l’on a aujourd’hui, avance-t-il. Ce qu’on voit se développer aujourd’hui ce sont des technologies de batteries lithium-ion. Il existe un risque de départ de feu lié à la batterie, notamment dans certaines phases de charge et dans certaines utilisations particulières. »

Toutefois, souligne l’expert, des mesures de sécurité sont prises pour les limiter : « Nous sommes aussi tous conscients – les fabricants, les constructeurs, les exploitants, etc. – de ces phénomènes et derrière il y a beaucoup de mesures de sécurité qui sont développées pour les éviter. »

Les véhicules thermiques présentent eux aussi des risques, rappelle l’expert : « Quand on va commencer à percer un réservoir de carburant ou à le déchirer et qu’il y a un écoulement de gasoil sur la chaussée, le risque n’est pas le même mais il est également là ».