Bordeaux : Décarbonation du transport, production d’énergie… L’océan au cœur des échanges au World Impact Summit

ENVIRONNEMENT La quatrième édition du Sommet international des solutions pour la planète se tient jeudi et vendredi à Bordeaux

Mickaël Bosredon
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pêcherie en bois face à l'océan Atlantique
pêcherie en bois face à l'océan Atlantique — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • « Le premier élément sur lequel il faut mettre des moyens est la protection des océans », soutient la députée du bassin d’Arcachon Sophie Panonacle (LREM).
  • L’élue demande que l’on accélère dans « la recherche sur les nouveaux carburants, que ce soit pour la navigation de plaisance, les petits professionnels, et les cargos. »
  • Directeur général de la Fondation Tara Océan, Romain Troublé rappelle de son côté que l’océan offre « une alternative à la production d’énergie, que ce soit avec la force des courants, la houle et l’éolien en mer. »

La protection de l’eau et des océans sera la thématique centrale de la quatrième édition du  World Impact Summit, Sommet international des solutions pour la planète, qui se tient à Bordeaux jeudi et vendredi. Initié par la plateforme de financement participatif Solylend, l’événement réunit pendant deux jours plusieurs centaines de professionnels.

« L’océan est au cœur du réchauffement climatique, et le premier élément sur lequel il faut mettre des moyens c’est la protection des océans » soutient Sophie Panonacle, la députée (LREM) du bassin d'Arcachon et présidente du bureau du Conseil national de la mer et des littoraux. Elle participera à la table ronde sur les opportunités offertes par l’économie bleue dans l’adaptation et l’atténuation des changements climatiques. « L’océan est le dernier réceptacle, c’est lui qui a absorbé 97 % de la chaleur émise depuis deux cents ans, analyse de son côté Romain Troublé, directeur général de la Fondation Tara Océan. Et ce réchauffement, même minime, perturbe les écosystèmes. »

« Accélérer la recherche sur les nouveaux carburants »

Entre autres conséquences, on observe une « migration des espèces ». « Certaines que l’on trouvait en Bretagne remontent maintenant jusqu’à la Norvège, poursuit Romain Troublé. On voit aussi plus de dauphins sur nos côtes qu’à une époque. Il faut mieux comprendre cette migration, pour informer davantage les pêcheurs et limiter les captures accidentelles. Il reste un travail important à faire sur la connaissance des impacts de la dynamique de ces écosystèmes, et l’amélioration du dialogue entre pêcheurs, scientifiques, et ONG. »

Sophie Panonacle évoquera pour sa part la décarbonation du transport maritime. « Les professionnels de ces secteurs font des efforts pour participer à la décarbonation de l’économie bleue, insiste la députée LREM. Mais il faut les soutenir davantage, et accélérer la recherche sur les nouveaux carburants, que ce soit pour la navigation de plaisance, les petits professionnels, et les cargos. On voit se développer le GNL [gaz naturel liquéfié] marin, qui est une solution transitoire, et il y a un gros travail qui se fait autour de l’hydrogène, qui sera la solution de demain. Et il existe aussi une niche, c’est la propulsion vélique [par le vent]. On ne va pas mettre des voiles sur tous les cargos bien entendu, mais le vélique auxiliaire, avec des voiles de kite par exemple, pourrait permettre à des porte-conteneurs de limiter l’utilisation du carburant. »

La France « à la traîne » sur l’éolien en mer

L’océan offre par ailleurs « une alternative à la production d’énergie, que ce soit avec la force des courants, qui est encore peu exploitée, avec la houle et l’éolien en mer » rappelle Romain Troublé. Sur l’éolien en mer, « la France est à la traîne mais d’autres pays dans le monde produisent déjà plusieurs gigawatts par ce biais. En mer Baltique, on fait des détours énormes pour contourner de gigantesques parcs éoliens. Il faut réussir à concilier les zones de pêche, de trafic maritime, ainsi que celles de passages des oiseaux. Il y a tout un travail de concertation à mener, mais il est temps d’accélérer le processus. »

Les deux intervenants disent attendre beaucoup du prochain sommet de l'ONU, en 2022, sur la protection de l’océan, des mers et des ressources marines. Il doit faire l’objet de négociations sur la pollution plastique, et la mise en place d’un cadre juridique sur l’exploitation des fonds marins en haute mer.