Toulouse : Ils courent, ils courent les furets... pour chasser les rats

ANIMAL EN VILLE Dans le quartier toulousain d’Empalot, où les rats pullulent dans certaines zones, deux furets ont été utilisés pour débusquer les rongeurs

Béatrice Colin
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A Toulouse, des furets pour chasser les rats — 20 Minutes
  • Toulouse réhabilite une méthode utilisée par les Romains, en utilisant des furets pour chasser les rats.
  • Un nouveau test a permis de déloger une quarantaine de rats en une demi-heure dans le quartier d’Empalot.
  • Une méthode naturelle et moins polluante qui pourrait être adoptée en extérieur plus régulièrement dès l’année prochaine.

« Ils traversent la rue, c’est un vrai fléau. Certains rats montent même dans les voitures par en dessous et font des dégâts », commente cette habitante du quartier d’Empalot, à Toulouse. Ce mercredi matin, elle était présente près de la place Daste pour assister à la nouvelle méthode déployée par la mairie pour dératiser ses rues à l’aide de furets.

Expérimentée depuis un mois comme alternative aux produits chimiques polluants, elle a à nouveau fait ses preuves en un temps record. Mure et Nuit, deux furettes, plus petites que leurs congénères mâles, sont entrées dans les galeries de terre creusées par les rongeurs. Et en demi-heure, en les pistant et les effrayant, elles ont réussi à faire sortir une quarantaine de rats qui étaient terrés là. Une fois débusqués, ils étaient attrapés à leur sortie par Alexandre Raynal, un éleveur gersois de furets qui s’est spécialisé dans la dératisation naturelle. Il a dressé une quinzaine de ses protégés à plonger sous terre et à n’en revenir que lorsque plus aucun nuisible n’occupe les lieux.

Méthode ancestrale

« C’est une méthode qui existe depuis longtemps. Le furet a été domestiqué après le chien et le chat. A l’époque romaine, ils étaient utilisés dans les navires contre les rats, mais aussi pour chasser les lapins. Depuis une dizaine d’années, c’est à nouveau utilisé aux Etats-Unis, et plus récemment en France », explique le maître des furettes qui n’ont pas chômé.

Des employées d’un jour que Françoise Ampoulange, la conseillère municipale déléguée aux Animaux en ville, trouve particulièrement efficace. « C’est plus écologique, car il faut savoir aussi que l’odeur du furet laissé dans le terrier va empêcher les rats de le recoloniser durant un certain temps. Pour le moment on fait des tests, mais il est fort probable que l’on fera appel à cette méthode dans des endroits extérieurs. Les raticides continueront à être utilisés dans les endroits fermés, où on ne peut pas lâcher un furet », assure l’élue.

Elle voit d’autres avantages à ce dispositif, notamment celui de ne pas laisser les cadavres des rongeurs sur place, alors que lorsqu’ils ingèrent du raticide, ils vont mourir dans des endroits parfois non accessibles. Avec la méthode développée par Alexandre Raynal, ils sont enfermés dans un tonneau, à l’intérieur duquel ils sont euthanasiés avec du dioxyde de carbone, « qui permet d’éviter la souffrance animale », assure l’éleveur.