Israël : Un parc de protection des gazelles des montagnes installé en plein milieu de Jérusalem

ANIMAUX Alors qu’il ne restait que trois gazelles en 2015, elles sont aujourd’hui 80 dans le parc

20 Minutes avec agences
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Une gazelle de montagne (illustration).
Une gazelle de montagne (illustration). — ARDEA/MARY EVANS/SIPA

Pour sauver la gazelle des montagnes, espèce menacée de disparition selon l’UICN, un parc dédié à cet animal a ouvert en plein cœur de Jérusalem (Israël). Les quadrupèdes ont été décimés par la construction d’une route, qui les a confinés dans le creux d’une vallée.

La route les empêchait aussi de rejoindre d’autres espaces verts. Créé en 2015, le « parc de la vallée des gazelles » n’a pas cherché à éloigner les bêtes de la ville, au contraire. Le parc est bordé à l’Est par les travaux de terrassement d’une future ligne de tramway, au pied de barres d’immeubles, et à l’ouest par les tours de Holyland, un vaste complexe immobilier.


Le troupeau est de retour

Il s’agit du seul espace en Israël où les gazelles vivent protégées, en liberté. La Société de protection de la nature (SPN), qui a créé le parc avec la mairie, y a d’abord réintroduit une dizaine d’animaux. « Il ne restait plus que trois gazelles lorsque nous avons commencé à clôturer » le parc, explique la directrice, Yael Hammerman-Solar. Il compte aujourd’hui plus de 80 individus.

« La construction du périphérique a bloqué le corridor qui permettait aux gazelles de rejoindre d’autres espaces ouverts en dehors de Jérusalem, raconte la directrice. Les animaux, coincés dans la vallée, ont été décimés par les chiens errants et les chacals, ou ont été écrasés par les voitures sur le périphérique. »

Un « rein urbain » pour la ville

Environ 5.000 gazelles des montagnes subsistent dans diverses régions d’Israël, selon une étude parue en 2020 dans la revue The International Journal of Conservation. Selon l’étude, la fragmentation de l’habitat, la présence humaine dans de nouvelles zones, les collisions avec des voitures, la prolifération des chiens errants et la chasse sont les principales causes de la raréfaction de l’espèce.

Les parcs urbains comme celui de Jérusalem, dont deux tiers de la surface ont été laissés à l’état naturel, sont primordiaux dans les zones de développement urbain massif. « Le parc agit comme un rein urbain en régulant la température, en produisant de l’oxygène, explique un responsable de la SPN. [Il] propose aux habitants un endroit où se connecter à la nature. »