Nice : La société azuréenne Transcan assure la livraison des colis à vélo-cargo jusqu’au « dernier mètre »

TRANSPORT Les livraisons à vélo-cargo permettent de réduire de 5 % les émissions de CO2, selon la mairie

Elise Martin
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Lucas, 25 ans, est salarié chez Transcan et livre les colis à vélo-cargo à Nice
Lucas, 25 ans, est salarié chez Transcan et livre les colis à vélo-cargo à Nice — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Transcan est une entreprise azuréenne qui vient d’ouvrir une plateforme logistique dans le centre de Nice dans le but d’effectuer le dernier kilomètre de livraison de colis.
  • Equipés de vélo-cargo capables de porter jusqu’à 350 kg, les livreurs ont une assistance électrique qui leur permet d’aller en moyenne à 15 km/h et de livrer tranquillement le quartier.
  • Rien ne change pour les clients, à part l’idée qu’à travers Transcan Eco-city, ils ont réduit de 5 % les émissions de CO2 comparé à un transport classique en camionnette.

Dans un contexte de développement de la vente de produits en ligne, notamment avec le confinement, la ville de Nice vient d’inaugurer le premier espace de logistique du dernier kilomètre Eco-city de la société Transcan sur le boulevard Gambetta. A la place des camionnettes, ce seront huit vélos cargos et deux utilitaires électriques, à terme, qui livreront la ville. Un projet en lien avec la politique de la métropole niçoise « d’apaiser le centre ». Car à l’horizon 2022, une zone à faibles émissions sera appliquée aux  transports de marchandises dans un but global de baisser de 55 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Mais alors comment fonctionne ce hub ? « Je commence ma journée à 6 heures au Pal (parc d’activités logistiques) à Saint-Isidore où je fais le tri pour ma tournée, détaille Lucas, 25 ans, livreur et salarié chez Transcan. Après le tri, je vais au centre de Nice pour répartir les colis avec mes quatre collègues ». Ils partent ensuite effectuer le « dernier kilomètre de livraison » à vélo-cargo

Pour le client, « ça ne change rien »

« Chez Transcan, on aime parler de dernier mètre, précise Sébastien Le Guélaff, chef de projet dans l’entreprise. L’idée est d’avoir cinq autres hubs d’ici 2023 pour mailler complètement la ville ». Effectivement, une fois le vélo enfourché, Lucas n’utilise son bolide que pour quelques mètres pour aller de portes en portes. « On a deux tournées qu’on divise géographiquement. Le matin, on se charge de GLS où chaque livreur a une douzaine de colis. L’après-midi, c’est Mondial Relay avec une cinquantaine de paquets chacun. La livraison, ça dure quelques secondes. Le plus long, c’est d’attendre la personne », sourit-il.

Du côté des clients, « ça ne change rien ». Interrogés à la réception des colis, ils lancent des « merci ! » et reconnaissent que « c’est bien » avant d’encourager (parfois) le cycliste. « La plupart du temps, ils ne s’en rendent pas compte puisque je vais jusqu’à leur porte », indique Lucas. Comme pour une livraison en camion, si la personne ne répond pas, une relivraison est prévue ou le colis est déposé en point relais. Mais le délai et le prix restent les mêmes. « On espère que ça évoluera avec le temps », confie le chef de projet. Le service est relativement le même. Le vélo peut porter jusqu’à 350 kg, le livreur, lui, dépose des colis jusqu’à 30 kg. « On a des vêtements mais aussi des meubles. J’ai déjà livré un toilette entier », se souvient le salarié de Transcan.

Un vélo adapté à la ville

« On a fait en sorte que le vélo soit adapté. Ils vont à 15 km/h en moyenne avec l’assistance électrique. La caisse de 1,9 m3 est large mais ne pose pas de problème pour stationner ou pour emprunter les pistes cyclables », précise Sébastien Le Guélaff.

Lucas ajoute : « C’est amusant, on a juste à pédaler. On est même protégé s’il pleut, on a des caméras comme rétroviseurs et des roues adaptées aux pavés ». Un service qui reste alors différent de ce qui existe déjà à Nice, comme Le Lien. « On a eu une discussion avec le gérant. Finalement, on se complète parce que nous, on n’a pas vocation à être coursier, ce n’est pas notre cœur de cible. On peut comparer ça en disant qu’ils sont le VL (véhicule léger) dans ce domaine et que nous, nous sommes la semi-remorque », assure le responsable du projet.

Les livraisons à vélo-cargo permettent de réduire de 5 % les émissions de CO2, selon la mairie.

Bientôt des vélos pour livrer le froid

Les 800 m2 de surface de Transcan éco city permettent de réceptionner 300 colis chaque jour, avec un objectif d’en avoir « jusqu’à 1.500 à terme, explique le chef de projet. En plus de la flotte existante, deux vélos arrivent avec des caisses autoréfrigérées pour répondre à une grosse demande des commerçants locaux ». Le sous-sol de l’entrepôt sera alors aménagé en chambre froide. Egalement point relais, cet espace aura bientôt des casiers où il sera possible de venir chercher son colis en dehors des horaires d’ouverture.