Hauts-de-France : Vers un enfouissement des rejets de CO2 en mer du Nord ?

ENVIRONNEMENT En raison du nombre important d’industries implantées sur son territoire, les Hauts-de-France émettent davantage de dioxyde de carbone que la moyenne nationale. La solution de stocker le CO2 semble donc inéluctable

Gaëtane Deljurie
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Des cheminées d'usines à Dunkerque (illustration).
Des cheminées d'usines à Dunkerque (illustration). — M.Libert / 20 Minutes
  • La région rejette 50 % de dioxyde de carbone de plus que la moyenne nationale.
  • Pour atteindre la neutralité à l’horizon 2050, il faudra en stocker le surplus.
  • Un projet d’enfouissement en mer du Nord est à l’étude.

Avec une large présence d’industries, notamment à Dunkerque, la région des Hauts-de-France​ possède une empreinte carbone de moitié supérieure à la moyenne nationale. Si des solutions se développent pour valoriser ces rejets, une large partie part encore tout de même dans la nature. Sauf qu’en 2050, cela ne sera plus possible lorsqu’il faudra atteindre la neutralité carbone.

Dépasser de 50 % la moyenne nationale de rejets de CO2, « nous l’assumons, car c’est aussi constitutif d’une bonne part de nos emplois », expliquait en 2020, dans un webinair Rev3, Guislain Cambier, vice-président du conseil régional à l’action climatique et au SRADDET (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires). Fabricant d’acier à Grande-Synthe près de Dunkerque, Arcelor Mittal compte près de 3.000 salariés et plus d’un millier d’entreprises sous-traitantes. C’est aussi lui le plus gros émetteur de CO2 (10 % à l’échelle nationale).

Pas de solution alternative pour 60 % du CO2 émis

Reste qu’il faut respecter les accords de Paris et atteindre la neutralité carbone d’ici à l’horizon 2050. Le bassin dunkerquois a beau travailler avec tous les acteurs, en optimisant les process, en changeant d’énergie voire en réutilisant les émissions dans des matériaux de construction ou pour faire mûrir les tomates, le compte n’y sera pas. « Nous ne pourrons pas tout valoriser et donc la solution ultime sera de stocker », explique Valérie Cotinaut, vice-présidente de la chambre de commerce et d’industrie (CCI) Hauts-de-France. Une étude de l’ADEME (l’Agence de la transition écologique), financée par la CCI, prévoit qu’il n’y aura pas de solution alternative pour 60 % du CO2 émis.

Deux solutions se présentent. Soit enfouir en mer du Nord, en rejoignant le projet Northern Lights en Norvège (portés par les entreprises Equinord, Shell et Total), sachant que le parcours, qui compte plus de 1.500 kilomètres, devrait se faire par bateau ou gazoduc. Soit via des solutions de stockage « onshore » (sur terre), dans des zones géologiques favorables en France. « Nous avons pris des contacts mais rien n’est acté aujourd’hui. Nous avons écrit une feuille de route pour que Dunkerque devienne un hub, sorte de point central où acheminer ce CO2 mais cette infrastructure ne pourra se faire qu’avec des investissements publics et privés. Pour préserver leur compétitivité, les industriels ne pourront y arriver seuls », reconnaît Valérie Cotinaut.