Changement climatique : Le climat, facteur « déterminant » des feux de forêt en Australie, selon une étude

RAVAGES Le changement climatique est le principal facteur à l’origine des méga incendies comme ceux qui ont ravagé l’Australie en 2019 et 2020, selon une étude

20 Minutes avec AFP
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Un homme tente de défendre sa propriété face aux incendies, le 12 novembre 2020 en Australie.
Un homme tente de défendre sa propriété face aux incendies, le 12 novembre 2020 en Australie. — PETER PARKS / AFP

Le changement climatique est le « facteur déterminant » conduisant à des feux de forêts de plus en plus intenses, selon une étude de scientifiques de la recherche publique australienne, publiée dans la revue Nature, vendredi, contredisant le gouvernement.

Dans une étude évaluée par leurs pairs, les chercheurs de l’agence publique CSIRO ont examiné 90 ans de données et conclu que le changement climatique est le principal facteur à l’origine des méga incendies comme ceux qui ont ravagé l’Australie en 2019-2020.

Huit facteurs en cause

Les experts ont étudié une série de facteurs de risque d’incendie, depuis la quantité de végétation morte au sol à l’humidité, les conditions météorologiques et les conditions de démarrage de feu, pour déterminer ce qui pouvait conduire à d’immenses feux. « Si les huit facteurs d’activité du feu ont joué un rôle variable dans l’influence des feux de forêt, le climat a été le facteur déterminant de l’activité du feu », a déclaré Pep Canadell, responsable de la recherche sur le climat au CSIRO. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la dernière édition du journal scientifique Nature, le 26 novembre.

Le gouvernement conservateur australien n’a pas cessé de minimiser le rôle du changement climatique dans les incendies de 2019-2020, qui ont ravagé la côte du sud-est australien et enveloppé d’une épaisse fumée âcre de grandes villes comme Sydney. Le Premier ministre Scott Morrison a insisté sur le fait que les feux de forêt étaient normaux en Australie, pointant du doigt la gestion des forêts, notamment l’absence de débroussaillage. Mais les analyses modélisées des chercheurs n’ont pas permis d’établir un lien statistique entre les charges de combustible et la superficie brûlée.

Plus 800 % de surface incendiée en vingt ans

Les phénomènes atmosphériques tels qu’El Niño ou La Niña peuvent influencer les changements d’intensité des feux de forêt d’une année à l’autre, mais les chercheurs ont constaté que neuf des onze années au cours desquelles plus de 500.000 km2 ont brûlé se sont déroulées depuis 2000, alors que le réchauffement climatique s’est accéléré. Ils ont établi un lien entre ces événements et « des conditions météorologiques de plus en plus dangereuses et favorables aux incendies », comme les orages générés par le feu et les éclairs secs, « tous associés à des degrés divers au changement climatique anthropique ».

La surface incendiée a augmenté de 800 % en moyenne ces 20 dernières années par rapport aux décennies précédentes, selon l’étude. Ces dernières années, l’Australie a subi une série de sécheresses, feux de forêt et inondations aggravés par le changement climatique. Le gouvernement australien a toutefois refusé d’établir un objectif de réduction des émissions à court terme et s’est engagé à rester l’un des plus grands exportateurs de gaz et de charbon.