Ariège : Une information judiciaire ouverte après la mort d’une ourse tuée par un chasseur qu’elle venait d’attaquer

JUSTICE Le parquet de Foix a ouvert une information judiciaire contre X pour destruction d’espèce protégée après la mort d’une ourse samedi, tuée par un chasseur qu’elle a grièvement blessé. Selon les premiers éléments de l’enquête, il n’aurait pas dû se trouver dans cette zone

B.C. avec AFP
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Un ours brun. Illustration.
Un ours brun. Illustration. — Bret Charman / Shutterstock / Sipa

Samedi dernier, alors qu’il participait à une battue à Seix, en Ariège, un chasseur de 70 ans a été grièvement blessé par une ourse. Pour se défendre, il a abattu le plantigrade qui se trouvait avec ses petits. Ce vendredi, Léa Filippi, substitut du procureur de la République de Foix, a ouvert une information judiciaire contre X pour « destruction d’espèce protégée ». Mais aussi pour « chasse illégale dans une réserve », car selon les premiers éléments de l’enquête, le chasseur n’aurait pas dû se trouver dans cette zone indique.

La battue s’est en effet déroulée en partie sur la réserve domaniale du Mont Valier, une zone gérée par l’Office national des forêts. La présence des chasseurs relèverait donc d’une infraction au Code de l’environnement, aucune autorisation n’ayant été délivrée par l’ONF. «Cette zone fait l'objet de restrictions du droit de chasse. Des infractions au code de l'environnement liées à l'interdiction de chasse sur le lieu des faits sont suceptibles d'être relevées», a expliqué la représentant du parquet.

Investigations se poursuivent

L’autopsie de l’ourse a montré qu’elle n’avait reçu qu’une balle fatale. Le chasseur a lui été mordu au niveau des deux jambes, l’une ayant été fracturée. Pour l’heure, les investigations se poursuivent.

Cet accident dramatique a d’ores et déjà relancé les tensions entre pro et anti-ours. Les partisans des réintroductions de plantigrade sur le massif des Pyrénées ont lancé une pétition pour demander l’arrêt des battues dans les zones où les plantigrades sont nombreux. De leurs côtés, les opposants à l’ours, ce jeudi, le département de l’Ariège, la Chambre d’agriculture et la fédération pastoralisme ont installé le «Parlement avenir montagne», une nouvelle entité qui veut devenir un interlocuteur incontournable sur les questions concernant la présence des grands prédateurs dans les Pyrénées.