Antibes : Marineland et One Voice s’opposent sur l’état de santé de l’orque Moana

CETACES L’association a annoncé le dépôt d’une nouvelle plainte pour acte de cruauté

Fabien Binacchi
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L'orque mâle Moana est âgée de 10 ans
L'orque mâle Moana est âgée de 10 ans — One voice
  • Selon l’association One Voice, l’une des orques de Marineland serait en « mauvaise santé » et nécessiterait « une prise en charge vétérinaire urgente ».
  • Une « accusation aussi infondée que calomnieuse », balaie le parc qui a diffusé, en réponse, une vidéo de l’animal en question jouant avec une soigneuse.

Pour One Voice, qui cite une biologiste marine et un vétérinaire, l’une des orques de Marineland serait en « mauvaise santé » et nécessiterait « une prise en charge vétérinaire urgente ». L’association a même annoncé mardi le dépôt d’une plainte pour actes de cruauté. Une « accusation aussi infondée que calomnieuse », balaie le parc qui a diffusé, en réponse, une vidéo de l’animal en question jouant avec une soigneuse.

« Notre mission prioritaire est de garantir la santé et le bien-être des animaux. Nous assurons ainsi chaque jour de l’année cette mission avec professionnalisme et passion », écrit Marineland sur Facebook, au-dessus d’une vidéo datée de mardi. Moana, l’orque mâle âgée de 10 ans, y apparaît aux côtés d’une membre de l’équipe du parc, interagissant avec elle.

« Lésions sous-dermiques très préoccupantes »

Pourtant, selon One Voice, qui produit un rapport du Dr Ingrid Visser, le cétacé souffrirait, comme son oncle Inouk, de « lésions sous-dermiques […] très préoccupantes ». Des photos prises entre 2016 et ce mois-ci laissent apparaître « une escalade de ces dommages », note la biologiste marine néo-zélandaise. Une situation qui serait, selon elle, le résultat « de facteurs de stress aigus et chroniques associés à un confinement non naturel dans une installation extrêmement mal entretenue ».

« Comment un soi-disant scientifique peut-il effectuer un diagnostic vétérinaire sans ausculter l’animal ? », interroge le parc, rappelant qu’aucune plainte de One Voice contre lui « n’a abouti » et que « Marineland n’a jamais été condamné à quoique ce soit ». « Les inspections menées très régulièrement par des services de l’Etat ont souligné les bonnes conditions dans lesquelles sont hébergés les animaux », se défend également la direction régulièrement attaquée par des associations anti-captivité.

L’avenir des cétacés dans les parcs en question

La semaine dernière, le parlement a définitivement adopté une proposition de loi contre la maltraitance animale qui prévoit notamment l’interdiction pour les zoos de détenir des cétacés dans un délai de cinq ans. Sauf s’ils sont autorisés à faire des recherches à leur sujet. Un texte que Marineland ne souhaite pas commenter « tant que les arrêtés ministériels n’auront pas été publiés ».

One Voice le juge de son côté « insuffisant ». L’association craint de voir les orques être transférés en Chine ou, s’ils étaient maintenus sur place, se demande « pour étudier quoi exactement ? Comment ils souffrent en vase clos ? » Elle préférerait que les cétacés soient transférés dans des «sanctuaires» en mer.