Montpellier : La recyclerie Lezprit Réquipe retape le matériel sportif destiné à finir à la poubelle

ECOLOGIE Cette association montpelliéraine récupère des articles sportifs auprès de particuliers, de collectivités ou de clubs, et les revalorise, avant de les revendre

Nicolas Bonzom
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Dans l'atelier de Lezprit Réquipe, à Montpellier
Dans l'atelier de Lezprit Réquipe, à Montpellier — N. Bonzom / Maxele Presse
  • La recyclerie associative Lezprit Réquipe, créée à Montpellier pendant l’été 2020, est spécialisée dans la remise en état d’articles sportifs de seconde main.
  • Dans l’atelier de 300 m2 qu’ils ont investi tout près du lycée Jean-Mermoz, l’équipe « trie, teste, nettoie, regraisse, recoud, répare, etc. » le matériel récupéré auprès des particuliers, des clubs, des collectivités ou des magasins de sport.
  • Le matériel est ensuite destiné à être revendu à des « prix intéressants ».

De vieux patins à glace, une combinaison de plongée trop petite ou une raquette de tennis tordue traînent dans votre garage ? Vous vous apprêtez à mettre un skate-board cassé, des crampons usés ou un panier de basket troué à la décharge ? Ça intéresse Lezprit Réquipe. Cette recyclerie, créée à Montpellier (Hérault) pendant l’été 2020, est spécialisée dans la remise en état d’articles sportifs de seconde main. Ce mardi, le conseil de la métropole a approuvé le versement d’une subvention de 30.000 euros pour accompagner le développement de l’association.

La structure a calculé, à partir d’une étude de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), que l’on jetait environ 3.700 tonnes d’articles sportifs chaque année dans l’Hérault. Avec les conséquences que l’on imagine sur l’environnement. « Le sport ne déroge pas à la règle, par rapport à tous les autres secteurs de l’économie, confie Kévin Blanchard, qui a fondé cette recyclerie avec Sandy Hinzelin. Les fabricants sont sur une logique, depuis très longtemps, qui consiste à vendre du neuf, et à revendre du neuf, pour faire fonctionner leur modèle. Et ça, ça a eu pour conséquence de susciter le besoin. Un besoin qui n’est pas toujours nécessaire. »

« C’est parfois des réparations simples »

Ainsi, au lieu de tenter de retaper des gants de boxe usés ou des protège-tibias dont l’élastique s’est distendu, on a tendance à en acheter des tout neufs. « Alors que ça pourrait avoir une seconde vie, note Kévin Blanchard. D’autant que c’est parfois des réparations simples. » Lezprit Réquipe collecte ainsi, auprès de particuliers, magasins de sport, de collectivités, de professionnels du tourisme ou de clubs, des dons de matériel dont ils n’ont plus l’usage. Cela peut être des petits accessoires, mais aussi certains plus volumineux, comme des cages de handball ou un filet de volley-ball.

La recyclerie lance aussi un appel aux dons auprès de familles, dont les enfants ont grandi, et les raquettes ou les crampons, sont devenus trop petits et traînent dans le grenier. « Est-ce qu’on a envie de perdre du temps à les vendre 5 ou 10 euros, alors que des familles seraient peut-être intéressées ? », s’interroge Kévin Blanchard.

Dans l’atelier de 300 m2 qu’ils ont investi tout près du lycée Jean-Mermoz, l’équipe « trie, teste, nettoie, regraisse, recoud, répare, etc. » le matériel récupéré, poursuit le créateur de la structure, avant « de le remettre dans le circuit, pour lui offrir une seconde vie ». Une fois revalorisés, les accessoires sont revendus, « à des prix intéressants, aux personnes qui ont du mal à s’équiper, mais aussi à tous ceux qui se sentent concernés par la transition écologique », lors d’événements ou dans la boutique de la structure.