Marseille : Un cirque avec animaux est visible à la Valentine, alors que la ville a interdit toute installation sur son espace public

ANIMAUX La ville de Marseille réaffirme « qu’elle n’autorise pas l’installation de cirque avec animaux sur son espace public » et avance que le cirque mis en cause est sur un terrain privé

Caroline Delabroy
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Le 14 janvier 2015, répétitions du cirque Gruss à Bordeaux
Le 14 janvier 2015, répétitions du cirque Gruss à Bordeaux —
  • Le cirque Muller, l’un des 120 cirques itinérants de France, a posé ses valises sur le parking d’un supermarché à La Valentine, suscitant la critique de l’association de défense des animaux PAZ.
  • La ville réaffirme qu’elle n’autorise pas l’installation de cirque avec animaux sur son espace public, mais qu’il s’agit dans ce cas d’un terrain privé.
  • Pour Franck Muller, le propriétaire du cirque, il n’est « pas question d’accepter » la loi sur la maltraitance animale adoptée jeudi par le parlement.

Un cirque avec animaux sauvages a pris place jusqu’au 5 décembre à Marseille, alors même que la ville a clairement interdit leur venue sur son territoire. Sauf que l’installation du cirque Muller à la Valentine est tout à fait légale. Elle se fait sur un terrain privé et non public.

« On a sollicité Géant Casino, qui nous a autorisés à installer notre chapiteau sur le parking », assure Franck Muller, le propriétaire de ce cirque qui se revendique comme traditionnel : « On a une vingtaine d’animaux sauvages, des tigres, des lions, des zèbres, un dromadaire, etc. ». A l’entendre, les représentations du week-end ont joué à guichets fermés, soit 300 places à chaque séance.

« Les enfants sont trahis, ils pensent que les animaux s’amusent alors qu’ils sont en cage, malheureux, et il faut dire aux familles qu’on n’a pas raté sa vie si on n’a jamais vu en personne des animaux sauvages », dénonce Amandine Sanvisens, cofondatrice de l’association de défense animale PAZ. Elle a été alertée par des adhérents sur cette installation du cirque Muller à Marseille, qui pour elle ne relève pas du hasard. « Je pense que c’est un choix délibéré, car le maire a pris une position sans ambiguïté sur le sujet ».

« On va se mettre hors la loi. »

« Leur pouvoir est limité », reconnaît-elle, invitant toutefois la ville de Marseille à « envoyer une commission de sécurité » et « faire enlever et verbaliser les affichages sauvages sur le mobilier urbain ». Autant de choses qui, vendredi, n’étaient pas à l’ordre du jour selon nos informations, la ville réaffirmant « qu’elle n’autorise pas l’installation de cirque avec animaux sur son espace public et que le cirque mis en cause est sur un terrain privé. » Reste que pour l’association PAZ, la loi contre la maltraitance animale, tout juste votée, « est une étape majeure, historique. On va suivre l’application de cette loi, et le devenir des animaux sauvages dans les cirques actuels, qui est pour nous central. »

Selon la loi, il sera interdit de les présenter au public d’ici à deux ans, et de les détenir d’ici à sept ans. « On est toujours contre, on ne peut pas l’accepter, de l’eau va couler sur les ponts », réagit Franck Muller, qui rejette les accusations de maltraitance et promet aussi : « On va se mettre hors la loi. Il faudrait déjà arrêter la corrida, le spectacle le plus cruel au monde, lance-t-il. Et les chevaux de course qui se font taper dessus toute la journée ! » Après Marseille, le cirque Muller, l’un des 120 cirques itinérants actuels à tourner en France, doit se rendre à Toulon au Mourillon. « Sur un terrain municipal », selon Franck Muller.