Méditerranée : Le fléau du plastique bientôt traqué depuis l’espace

ENVIRONNEMENT L’appel à idées avait été lancé en début d’année. La fondation Van Allen va s’appuyer sur les travaux menés à Perpignan sur la reconnaissance des amas de plastiques

Jérôme Diesnis
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Des déchets au fond de la mer. (Illustration)
Des déchets au fond de la mer. (Illustration) — CROPIX/SIPA
  • En début d’année, le centre spatial universitaire de Montpellier avait lancé un appel à idée pour se pencher sur la problématique du plastique en Méditerranée.
  • Le projet présenté par l’université de Perpignan a été retenu : les chercheurs vont travailler sur l’évolution des amas de plastique en mer afin de les identifier finement.
  • Une fois ces données analysées, un ou plusieurs nanosatellites seront fabriqués à Montpellier pour traquer la pollution plastique depuis l’espace.

Pourra-t-on traquer la pollution plastique, notamment en Méditerranée, depuis l’espace ? En début d’année, la fondation Van Allen, structure qui finance le centre spatial universitaire de Montpellier, avait lancé un appel à idée sur le sujet. Le projet défendu par l’université de Perpignan a finalement été désigné comme étant le plus pertinent.

« Le laboratoire va déterminer des signatures spectrales, note Jean-Louis Fellous, président du comité scientifique de la fondation Van Allen. Cette étude sera menée depuis la Terre, dans un premier temps auprès de cibles artificielles en mer et sur terre, par l’université de Perpignan. Les six personnes mobilisées sur ce projet étudieront leur évolution dans le temps à travers leur changement de couleur au contact de l’eau. » Un travail nécessaire pour parvenir à reconnaître l’amas de plastique.

Le phénomène du biofouling

Le plastique se désagrège plus ou moins rapidement au contact de l’eau, ce qui complexifie la tâche de ceux qui tentent de trouver une solution à ce problème majeur pour l’environnement. Le biofouling sera au cœur de ces premières études. Ce phénomène consiste en la formation d’une couche organique d’êtres vivants microscopiques sur une surface artificielle en contact avec l’eau.

Une fois ces données collectées et exploitées, un ou plusieurs nanosatellites fabriqués par le centre spatial universitaire pourront être lancés dans l‘espace afin de détecter plus finement la présence de déchets plastiques. « Ça ne va pas éradiquer le plastique en Méditerranée, mais ça peut contribuer à améliorer cette problématique », prévient Jean-Louis Fellous.

Cartographier les déchets en mer

Ce projet est notamment financé par le Groupe Nicollin, l’un des mécènes de la fondation Van Allen. « L’objectif de cet engagement est d’aller chercher des idées innovantes », évoquait Marion Frêche, chargée de développement de l’entreprise, lors de l’appel à idée. L’idée étant de « cartographier les déchets en mer » afin de trouver une solution pour dépolluer cet espace naturel gravement menacé.

Parallèlement au travail scientifique mené par l’université de Perpignan (baptisé Respogli), trois autres projets portés par les universités de Barcelone, Lisbonne et du Michigan ont été retenus. Ils seront financés en parallèle par la société des géosciences et de la télédétection.