Pollution : La mauvaise qualité de l’air tue encore plus de 300.000 personnes par an dans l’UE

ENVIRONNEMENT En 2019, la pollution aux particules fines a causé 29.800 décès en France

20 Minutes avec AFP
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Un épisode de pollution aux particules fines, à Paris le 14 octobre 2021.
Un épisode de pollution aux particules fines, à Paris le 14 octobre 2021. — Xavier Francolon/SIPA

Alors que la COP26 a accouché samedi d’un pacte en demi-teinte, la mauvaise qualité de l’air continue de faire des ravages en Europe. La pollution aux particules fines a provoqué 307.000 décès prématurés dans l’ Union européenne en 2019. Même s’il a diminué de plus de 10 % en un an, ce chiffre reste particulièrement alarmant, selon un rapport de l’Agence européenne de l’environnement publié ce lundi.

D’après cette étude, plus de la moitié de ces vies pourraient être sauvées si les 27 pays membres respectaient les nouveaux objectifs de qualité de l’air récemment fixés par l’OMS. En 2018, le nombre de morts lié aux particules fines PM 2,5 (particules en suspension dans l’air dont le diamètre est inférieur à 2,5 micromètres) était estimé à 346.000.

La Pologne, pays le plus touché

La nette baisse de 2019 s’explique en partie par des conditions météorologiques favorables mais surtout par la poursuite de l’amélioration progressive de la qualité de l’air en Europe. Au début des années 1990, les particules fines, qui pénètrent profondément dans les poumons, provoquaient ainsi près d’un million de décès prématurés dans les 27 pays de l’UE, d’après ces données. Un chiffre déjà tombé à environ 450.000 en 2005. 

Parmi les principaux pays de l’UE, la pollution aux particules fines a été responsable en 2019 de 53.800 décès prématurés en Allemagne, 49.900 en Italie, 29.800 en France et 23.300 en Espagne, selon l’EAA. Avec 39.300 morts, la Pologne est le pays le plus touché relativement à sa population.

Des conséquences dramatiques chez les enfants

La pollution de l’air reste la menace environnementale la plus importante pour la santé des Européens. Les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux sont les causes les plus fréquentes de décès prématurés imputables à la pollution atmosphérique, suivies par les maladies pulmonaires et les cancers du poumon, rappelle l’AEE. Chez l’enfant, la pollution atmosphérique pourrait entraver le développement des poumons, provoquer des infections respiratoires et aggraver l’asthme.

Même si la situation s’améliore progressivement, l’AEE avait averti en septembre que la plupart des pays européens étaient encore au-delà des limites, qu’il s’agisse des recommandations européennes ou de celles plus ambitieuses de l’OMS. Selon cette dernière, la pollution de l’air fait sept millions de morts prématurées par an, un bilan qui la place à des niveaux proches du tabagisme ou de la mauvaise alimentation.

L’Union européenne s’est fixée comme objectif d’avoir réduit d’au moins 55 % en 2030 le nombre de décès prématurés causés par les particules fines, par rapport aux niveaux de 2005. Si la pollution de l’air diminue au rythme actuel, l’agence estime que cet objectif serait atteint d’ici 2032.