Gard : Amazon essuie un revers environnemental devant la justice, qui bloque un permis de construire

CENTRE DE TRI Pour le tribunal administratif, le projet de centre tri ne répond pas à une raison impérative d'intérêt majeur, malgré la création probable de 600 emplois 

20 Minutes avec AFP
— 
Un entrepôt Amazon. (illustration)
Un entrepôt Amazon. (illustration) — Hasan Bratic/SIPA

La justice a annulé l’autorisation environnementale accordée à un projet de centre de tri de colis d’Amazon à Fournès, dans le Gard, dont elle ne reconnaît pas « l’intérêt public majeur », compromettant la mise en œuvre du permis de construire du géant d’Internet.

Dans un communiqué publié mardi, le tribunal administratif de Nîmes rappelle qu’il a été saisi d’une requête demandant l’annulation d’un arrêté préfectoral de novembre 2019 accordant une autorisation environnementale au projet de la société Argan, spécialisée dans la construction de bases logistiques, principalement pour les besoins d’Amazon.

Ce projet prévoit la construction d’un bâtiment de 38.800 m² sur un terrain de 13,7 hectares, à proximité de l’autoroute A9, axe important vers l’Espagne.

Plus de 500 camions par jour

La construction de cet énorme centre de tri où tourneraient plus de 500 camions par jour à proximité du Pont du Gard, joyau du patrimoine mondial, divise profondément élus et habitants de cette région touristique depuis plusieurs années.

Dans le cas de ce projet « susceptible d’affecter la conservation d’espèces animales ou végétales protégées », le tribunal a jugé que « malgré la création probable de 600 emplois équivalent temps plein et les retombées économiques (…) celui-ci ne répondait pas à une raison impérative d’intérêt majeur, notion appréciée très strictement par la jurisprudence du Conseil d’Etat ».

« L’annulation de l’autorisation environnementale fait obstacle à la mise en œuvre du permis de construire », a indiqué le tribunal, ajoutant qu’il allait « se prononcer très prochainement sur les sept requêtes dont il a été saisi et contestant le permis de construire ».

Attac France salue une « grande victoire »

C’est une « grande victoire pour la mobilisation "stop Amazon" », a réagi le porte-parole d’Attac France, Raphaël Pradeau, se félicitant de la « forte résistance de la part de riverains, agriculteurs, commerçants, altermondialistes, écologistes » partout en France contre Amazon, mais disant toutefois rester « vigilant » quant aux autres projets de la multinationale.

Contacté par l’AFP, Amazon n’avait pas réagi mardi soir.

Ce revers pour Amazon survient deux semaines après l’abandon d’un projet de centre logistique du groupe près de Nantes, à Montbert (Loire-Atlantique) du fait de retards dus à « l’accumulation de contraintes techniques et juridiques ».

Plusieurs associations écologistes dont l’Adere (association pour le développement de l’emploi dans le respect de l’environnement), requérantes, se sont aussi félicitées de la décision du tribunal dans un communiqué. Elles se battent contre une « implantation qui viendrait dénaturer trois sites majeurs, classés au patrimoine mondial de l’Unesco (pont du Gard, gorges du Gardon, Patrimoine du savoir-faire de pierres sèches) ».