Coronavirus dans les Alpes-Maritimes : Les premiers masques 100 % biodégradables et 100 % français

COVID-19 Depuis deux ans, la société CP Project travaille sur une alternative au polypropylène, cette matière plastique que l’on retrouve dans tous les objets à usage unique comme les masques à usage unique

Elise Martin
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Les masques biodégradables de l'entreprise azuréenne CP Project sont faits à partir de fibres de canne à sucre, d'amidon de riz et de polymères biosourcés
Les masques biodégradables de l'entreprise azuréenne CP Project sont faits à partir de fibres de canne à sucre, d'amidon de riz et de polymères biosourcés — CP Project
  • Le masque à usage unique est devenu un allié contre la propagation du coronavirus mais également un ennemi de la planète.
  • Une entreprise azuréenne propose depuis quatre mois une alternative biodégradable, à base de fibres de canne à sucre, amidon de riz et de polymères biosourcés.
  • D’ici 2022, elle distribuera une nouvelle version, 100 % Française.

Depuis plus d’un an et demi, le masque fait partie de notre quotidien pour lutter contre le coronavirus. A usage unique, cet accessoire doit être changé toutes les quatre heures et se retrouve abandonné dans la ville et atterrit souvent dans les caniveaux. Un vrai danger pour l’ environnement. « On a entendu parler de 400-450 ans mais c’est possiblement plus que ça », confiait à 20 Minutes, Jean-François Gérard, enseignant-chercheur au sein du laboratoire d’ingénierie des matériaux polymères de l’université de Lyon sur le temps de décomposition de ces masques.

Pour répondre à cette crise environnementale, « et avant même la crise sanitaire », la société CP Project, située à Carros, à l’ouest de Nice, est née. Son PDG, Philippe Lopez, développe : « Notre but est de bannir le plastique de nos vies et on a décidé de commencer par cette matière plastique qu’on retrouve dans tous les objets à usage unique dans le milieu médical ou agroalimentaire, le polypropylène. Il y a les masques mais les charlottes également, qui sont prises pour des méduses par les tortues quand elles se retrouvent dans les océans. »

L’équipe de CP Project et ses partenaires ont sorti il y a quatre mois une première version de masques chirurgicaux biodégradables « de type 2ER qui répondent à la norme EN14683, c’est-à-dire, qui ont une filtration bactérienne et virale supérieure à 98 % et résistent aux éclaboussures. ». Ils sont faits à base de polymères biosourcés, de fibres de canne à sucre et « d’amidon de riz pour la barrette nasale », précise le fondateur. Même le sachet dans lequel ils sont vendus est fabriqué à partir de produits écologiques, en encre végétale.

100 % Français avant 2022

Mais une deuxième version arrive d’ici janvier 2022 « encore plus soucieuse de l’environnement ». Par manque de fonds, la fabrication des premiers masques était faite en Asie, elle sera maintenant effectuée par le groupe français Lemoine, leader dans la conception de produits d’hygiène. « Le bilan carbone n’était pas bon et on devait également évoluer sur l’élastique qui permet d’accrocher le masque à la tête », indique Philippe Lopez. Impossible de connaître les matériaux utilisés pour ce dernier élément, « nous sommes les seuls à avoir cette recette et on veut rester les premiers », assure le président.

Ces nouveaux masques seront aussi présentés « sous différentes couleurs grâce à une encre à base de soja ». « Avec cette spécificité, on touche tous les publics. L’objectif est d’être écoresponsable à grande échelle et d’éviter que ces centaines de millions de déchets ne se retrouvent brûlés ou enfouis quand ils ne se retrouvent pas dans la nature », s’exclame Philippe Lopez citant les 8 % de masques chirurgicaux recyclés. Etant biodégradables, ces masques sont aussi compostables. « Si on le met en terre, en quatre mois, il disparaît et donne de l’engrais », ajoute-t-il.

Il est possible de trouver les premiers produits en pharmacie, comme à Nice, à 5,90 euros le paquet le dix. Une option enfant est disponible. En attendant la version 100 % biodégradable et 100 % française, une expérimentation a été lancée la semaine dernière auprès d’agents de la mairie de Nice, unique en France. Après ce premier test, la ville et l’entreprise souhaitent généraliser la distribution de ce type de masques.