Tarn : La justice reconnaît le trouble de voisinage généré par des éoliennes, un couple obtient 100.000 euros

JUSTICE La Cour d’appel de Toulouse a considéré que les éoliennes, dont l’installation est postérieure à celle du couple dans la campagne tarnaise, étaient responsables de « troubles anormaux du voisinage »

H.M.
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Un parc éolien. Illustration.
Un parc éolien. Illustration. — FREDERIC SCHEIBER / 20 MINUTES

Il n’est pas toujours vain de se battre contre des moulins à vent. Surtout quand ils mesurent plusieurs mètres de haut. Un couple de Tarnais vient d’obtenir plus de 100.000 euros de dédommagement pour l’installation d’un parc d'éoliennes près de sa propriété. La décision de la Cour d’appel de Toulouse date du 8 juillet 2021 et c’est parce qu’elle n’est désormais plus susceptible de recours que le collectif Toutes nos Energies, qui soutenait les époux Fockaert, l’a diffusée ce samedi sur son site.

Les plaignants ont acheté leur corps de ferme en 2004 sur la commune de Margnès (aujourd’hui Fontrieu). Les six éoliennes ont été installées en 2008 et 2009 sur les hauteurs de leur propriété, la plus près à 700 mètres, la plus éloignée à 1.300 mètres.

Malaises et troubles du sommeil

En 2013, quand un bois qui servait de zone tampon a été coupé, ils ont commencé à resentir des répercussions sur leur santé : troubles du sommeil, anxiété, malaise, ce que la littérature scientifique appelle le « syndrome éolien » provoqué par des infrasons propagés dans l’air et les sols. Au point qu’ils ont dû déménager en 2015.

Alors que le couple avait été débouté en janvier 2020 par le tribunal de Castres, la Cour d’appel de Toulouse juge les éoliennes « responsables de troubles anormaux du voisinage ». Elle accorde aux Fokaert des réparations pour la perte de valeur de leur propriété mais aussi, et c’est inédit, « pour les souffrances endurées ».