Loire-Atlantique : Le conseil départemental dit non au projet de méthaniseur XXL

AGRICULTURE « L’implantation du projet (…) est incompatible avec les infrastructures routières existantes », estime la collectivité

Julie Urbach
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La coopérative d'Herbauges est installée à Corcoué-sur-Logne. Son méthaniseur pourrait voir le jour juste à côté.
La coopérative d'Herbauges est installée à Corcoué-sur-Logne. Son méthaniseur pourrait voir le jour juste à côté. — F.Brenon/20Minutes
  • Un méthaniseur d’une ampleur inédite en France doit s’installer sur la commune de Corcoué-sur-Logne (Loire-Atlantique), au sud de Nantes.
  • Le conseil départemental vient de signifier un « avis défavorable » au projet, déjà l’objet de vives critiques de la part des riverains.

Le projet de super méthaniseur porté par une coopérative agricole sur la commune de Corcoué-sur-Logne (Loire-Atlantique), au sud de Nantes, verra-t-il le jour ? La question se pose alors qu’il récolte déjà l’opposition d’associations et d’une partie des riverains, qui multiplient les manifestations. Ce vendredi soir, c’est le conseil départemental (PS) qui le fragilise encore en prononçant un « avis défavorable » au sujet du projet MéthaHerbauges, « dans le strict cadre de sa compétence ».

« Après l’analyse des éléments communiqués, il en ressort que l’implantation du projet (…) est incompatible avec les infrastructures routières existantes et nécessiterait d’importants aménagements routiers », écrit la collectivité, qui craint que les routes existantes ne puissent pas absorber la hausse du trafic. L’implantation de ce méthaniseur, d’une ampleur inédite en France, prévoit en effet « près de 200 passages de camions » par jour, ce qui risque de créer « des situations d’insécurité » pour les riverains, redoute le département, qui s’est engagé depuis plusieurs années dans une démarche « zéro artificialisation des terres ».

Le projet avait déjà été revu à la baisse

En mars dernier, face à la contestation, les porteurs de projet avaient déjà revu leur copie en diminuant d’un tiers le volume de déjections de vaches, qu’ils projettent de transformer en biométhane à partir de la fin 2023. Ce méthaniseur géant, dont le coût d’investissement s’élève à 80 millions d’euros, impliquerait quelque 200 agriculteurs contributeurs. Mi-octobre, la Commission nationale du débat public (CNDP) a estimé qu’une nouvelle phase d’échanges devait être organisée avant l’ouverture d’une enquête publique.