COP26 : L’Indonésie recule sur l’engagement de mettre fin à la déforestation d’ici 2030

ENVIRONNEMENT La ministre de l’Environnement a déclaré que les engagements écologiques « ne pouvaient pas entraver le développement économique » de l’Indonésie

20 Minutes avec agences
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Inspection aérienne de la déforestation en Indonésie
Inspection aérienne de la déforestation en Indonésie — Romeo Gacad AFP

L’Indonésie, qui s’était engagée à mettre fin à la déforestation d’ici à 2030 lors de la COP26, a remis ce jeudi en question l’accord qu’elle avait signé. L’archipel d’Asie du Sud-Est abrite la troisième plus grande forêt tropicale du monde.

Une centaine de pays représentant 85 % des forêts mondiales se sont accordés cette semaine à Glasgow (Ecosse) sur un plan à plusieurs milliards de dollars visant à mettre fin à l’abattage des arbres à l’échelle industrielle en moins de dix ans. Mais deux hauts responsables indonésiens ont démenti l’engagement de leur pays dans ce plan.

Démentis de ministres indonésiens

Le vice-ministre des Affaires étrangères a estimé que l’engagement sur la déforestation était « faux et trompeur », soulignant que le communiqué sur cet accord avait été diffusé avant la fin des discussions. La réunion des dirigeants sur les forêts du 2 novembre à Glasgow et la déclaration finale « ne font pas référence à la fin de la déforestation d’ici à 2030 », a relevé Mahendra Siregar.

La ministre indonésienne de l’Environnement, qui a participé aux discussions de la COP26, a de son côté relevé que les objectifs environnementaux ne pouvaient pas entraver le développement économique de son pays. « Forcer l’Indonésie à atteindre zéro déforestation en 2030 est clairement inadéquat et injuste », a déclaré Siti Nurbaya Bakar.

« Le développement massif de l’ère du président [Joko Widodo] ne peut pas s’arrêter au nom des émissions de carbone et de la déforestation », a-t-elle indiqué sur Twitter. « Les richesses naturelles de l’Indonésie, dont les forêts, doivent être gérées de façon durable, mais aussi équitable. »

Une déforestation ralentie mais toujours en cours

Interrogé à ce sujet, le porte-parole du Premier ministre britannique a déclaré qu’il ne voyait pas de contradictions dans ces déclarations. « Si je comprends bien ce que le gouvernement indonésien a dit, il doit pouvoir poursuivre l’exploitation forestière et l’agriculture légales », a indiqué le porte-parole de Boris Johnson. « Ce serait cohérent avec les engagements – ce à quoi les pays se sont engagés est de mettre fin à la déforestation nette, en veillant à ce que toute forêt perdue soit remplacée de manière durable. »

Le rythme de la déforestation s’est ralenti ces dernières années en Indonésie, mais sa couverture forestière continue à rétrécir. Selon Global Forest Watch, en 2001, cet archipel comptait 93,8 millions d’hectares de forêts primaires. En 2020, ces dernières avaient perdu 10 % de leur surface, une superficie équivalente à celle du Portugal.