Montpellier éteint la lumière pour tenter d’y voir plus clair

AUTOMOBILE La lumière est désormais éteinte sur plusieurs boulevards à Montpellier. L’expérience doit durer six mois avant d’être éventuellement généralisée à un quartier

Jérôme Diesnis
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Avat Montpellier, Prades-le-Lez a été la première commune de l'Hérault à éteindre partiellement l'éclairage public dans une démarche de protection de l'environnement.
Avat Montpellier, Prades-le-Lez a été la première commune de l'Hérault à éteindre partiellement l'éclairage public dans une démarche de protection de l'environnement. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Afin de lutter contre la pollution lumineuse et faire des économies, d’énergie notamment, la ville de Montpellier plonge dans le noir plusieurs boulevards.
  • L’expérience va durer six mois. Elle pourrait être prolongée et surtout amplifiée si elle s’avère positive.
  • L’association 40 millions d’automobiliste juge l’expérience dangereuse pour les automobilistes

Cinq communes de la métropole (dont Prades-le-Lez, photo) l’ont fait avant elle. Depuis quelques jours, Montpellier éteint les lumières la nuit. Pas partout et de façon encore provisoire : l’expérience va durer six mois et concerne six boulevards. « Cet éclairage ne sert à rien car on a déjà un éclairage qui s’appelle des phares », estime Bruno Paternot, adjoint au maire.

Les avenues choisies sont réservées aux véhicules motorisés et, selon la mairie, bénéficient d’une signalisation réfléchissante spécifique. Six cent cinquante lampadaires allumés en moins (de 23h30 à 5 heures), c’est, d’après les comptes de l’équipe municipale, 25.000 euros et 212.000 kWh économisés par an. « C’est bon pour la planète et bon pour le porte-monnaie, reprend l’adjoint. Quand on éteint les grands axes routiers, les gens roulent plus lentement. »

« Des mesures anti-bagnoles »

« Depuis quand ne rien voir est un gage de sécurité ?, s’étouffe en réponse Pierre Chasseray, délégué général et porte-parole de l’association 40 millions d’automobilistes. Actuellement, une campagne de sécurité routière rappelle la nécessité d’être particulièrement vigilant parce que la nuit tombe plus tôt. Et à Montpellier, on coupe les lumières. Ce n’est pas de l’écologie, ce sont des mesures anti-bagnoles. »

Les élus de Montpellier se donnent six mois pour juger si l’expérience sera concluante. Et si tel est le cas, elle pourrait être étendue à certains quartiers périphériques. « Des marches exploratoires ont été mises en place avec les services de police pour faire un point sur la situation dans chaque rue », reprend Bruno Paternot.

Une trame noire pour préserver la biodiversité

« Il ne faut pas tomber dans l’extrême, prévient Jacques Mestre, président de l’UMIH 34 (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie). Les gens veulent se promener en toute sécurité. S’il n’y a pas de lumière, il faudra me prouver que la sécurité est garantie. » D’autres solutions, sont à l’étude, comme diminuer l’intensité de la lumière ou jouer sur ses teintes.

La ville de Montpellier souhaite également œuvrer pour la protection de la faune nocturne. Elle s’est associée à l’Inrae (Institut national de recherche sur l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), « pour étudier dans un premier temps la pollution lumineuse sur la métropole (…) et déterminer les zones de biodiversité à préserver par le biais d’une trame noire ».