Alsace : Un scarabée « qui dévore tout » détecté à Bâle, « inquiétude » dans la région

C'EST LA PETITE BÊTE QUI MONTE Le « popilia japonica » fait déjà des ravages en Italie et pourrait les reproduire en France

Thibaut Gagnepain
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Un scarabée japonais (illustration).
Un scarabée japonais (illustration). — Pixabay
  • Alerte ! Un coléoptère, le scarabée japonais, a été détecté en Suisse l’été dernier. Il est très dangereux car il n’a pas de prédateur en Europe et peut faire des ravages dans les cultures agricoles, arboricole et viticoles.
  • « Il dévore tout et se multiplie très vite », résume Nathalie Gourbeau, du Service régional de l’alimentation (SRAL).
  • Pour le moment en France, aucun signalement du scarabée n’a été effectué. Mais il devrait, un jour ou l’autre, passer la frontière.

Une petite devinette pour commencer. Qu’est-ce qui est tout petit, de 8 à 15 millimètres, se déplace presque partout dans le monde et fait très peur ? Réponse : le « popilia japonica », ou scarabée japonais, pays dont il est originaire. Un spécimen mâle de l’insecte a été détecté dans une gare de fret à Bâle (Suisse), mi-juillet, et inquiète depuis les autorités françaises.

Pourquoi ? « Parce qu’il dévore tout et se multiplie très vite », résume Nathalie Gourbeau, du Service régional de l’alimentation (SRAL). Ses services, avec la préfecture du Grand-Est, ont justement publié fin octobre un appel à la vigilance à propos du fameux coléoptère. « Chacun est invité à faire preuve de vigilance le printemps prochain vis-à-vis de ce scarabée et à signaler au SRAL toute suspicion (si possible avec des photos) », y est-il notamment écrit.

Pour le moment, aucun signalement n’a été effectué. Et ce n’est plus pour cet automne ou l’hiver, le « popilia japonica » ne volant que l’été. « Mais il pond des œufs, surtout dans les jardins et prairies, et ses larves émergent au printemps », reprend la spécialiste, qui n’en a encore jamais capturé. Un vaste dispositif de piégeage avait pourtant été mis en place autour de Bâle mais aussi de l’axe entre la ville suisse et Strasbourg.

Un piè-ge à scarabée japonais installé en Alsace.
Un piè-ge à scarabée japonais installé en Alsace. - DRAAF

Car l’insecte est qualifié « d’auto-stoppeur ». Il se déplace sur de vastes distances grâce aux transports et était justement arrivé en Europe comme ça. « En Italie, il a déjà fait de gros dégâts qui impactent les rendements et ont donc des conséquences économiques », précise Nathalie Gourbeau en faisant référence aux cultures agricole, arboricole et viticole. L’individu, qui n’a pas d’impact sur la santé humaine, attaque n’importe quelle feuille et la transforme en dentelle.

« Son arrivée sur le territoire est probable »

Pire, il n’aurait pour le moment pas de prédateurs connus en Europe… « Mais les Italiens testent des piégeages de masse par aspiration mécanique et nous avons aussi des études en cours sur des champignons parasites. On travaille à des solutions pour bien contenir ce ravageur », assure encore la représentante de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. Convaincue que le scarabée japonais ne devrait pas s’arrêter à la frontière éternellement. « Un jour ou l’autre, en raison des échanges, son arrivée sur le territoire est probable. »

Les viticulteurs alsaciens en ont conscience. « On n’a peu d’infos à ce sujet mais on sait que la bestiole se rapproche. Nous sommes en veille », explique-t-on à l’association qui les regroupe (AVA). « Il y a de quoi être inquiet. »