COP26 : Les ONG climat dénoncent les restrictions d’accès

CLIMAT Les organisations de la société civile peuvent normalement assister à ces réunions sur le climat en tant qu’observateurs, pour permettre une transparence du processus

20 Minutes avec AFP
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Une conférence à la COP26 à Glasgow le 3 novembre 2021.
Une conférence à la COP26 à Glasgow le 3 novembre 2021. — DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Des milliers d’experts ne peuvent pas assister aux négociations de la COP26 sur le climat à Glasgow, selon plusieurs ONG, qui ont dénoncé, ce mercredi, les restrictions d’accès imposées par les organisateurs, une situation qui risque de nuire à la crédibilité de la conférence.

Selon les règles de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques, les organisations de la société civile peuvent assister à ces réunions mondiales sur le climat en tant qu’observateurs, y compris à l’intérieur des salles de négociations, pour permettre une transparence du processus.

La conférence « la plus inclusive » ?

Leur rôle est primordial notamment pour les pays du Sud, après des décennies de promesses non tenues. Selon Teresa Anderson, responsable de ActionAid International, seuls quatre représentants des milliers d’ONG accréditées pour la COP26 ont été autorisés à surveiller les négociations. « Empêcher la société civile de surveiller les gouvernements et de faire en sorte qu’ils rendent des comptes peut avoir de véritables conséquences sur les communautés en première ligne de la crise climatique, qui souffrent », a-t-elle déclaré.

La COP26 a été repoussée d’un an en raison de la pandémie, et est perturbée par les règles liées au Covid-19, alors que les pays du Sud n’ont pas encore bénéficié d’un large accès aux vaccins. Le Royaume-Uni, hôte de la conférence, avait proposé aux délégués de leur fournir des vaccins, mais certains délégués n’ont pas eu les moyens de payer pour les hôtels où subir la quarantaine. Le président de la COP26, Alok Sharma, a toutefois assuré à maintes reprises vouloir une conférence « la plus inclusive ».

Colère chez les observateurs

Mais la réalité vécue par des milliers d’experts, dont certains ont fait le voyage seulement pour finir par regarder des réunions et des conférences de presse en ligne, est différente. « C’est un désastre de voir la société civile ne pas pouvoir accéder à des réunions cruciales et beaucoup de ses représentants ne même pas pouvoir entrer sur le site de la COP », a déclaré Mohamed Adow, du think tank Power Shift Africa.

« On a dit aux membres de la société civile des pays les plus pauvres que cette COP serait inclusive, alors ils ont fait le voyage pour faire entendre la voix de leurs communautés, et maintenant qu’ils sont là, on leur dit que le seul moyen d’assister aux sessions est via une plate-forme en ligne qui marche à peine », a-t-il dénoncé.

Depuis le début de la conférence dimanche, les délégués doivent faire de longue file d’attente, parfois plus d’une heure, pour passer les contrôles de sécurité. Un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson a assuré que les organisateurs « faisaient tout leur possible pour que tout se passe sans problème ». Ce qui n’empêche pas la « colère » parmi les observateurs, souligne Sebastien Duyck, juriste au Centre for International Environment Law. « Les restrictions liées au Covid ne peuvent pas justifier le fait que le réseau (des ONG) n’ait pas accès aux négociations ».