COP26 : Le Royaume-Uni lance un plan de neutralité carbone pour le secteur de la finance

ENVIRONNEMENT Un groupe de travail élaborera de nouveaux standards d’évaluation pour les entreprises afin d’éviter le « greenwashing »

20 Minutes avec agences
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La City à Londres, quartier d'affaires de la capitale.
La City à Londres, quartier d'affaires de la capitale. — Daniel LEAL-OLIVAS / AFP

Le Royaume-Uni, qui accueille en ce moment la COP26 à Glasgow, a annoncé mardi son ambition de décarboner la finance britannique. Les exigences pesant sur le secteur seront renforcées d’ici à 2023, dans le but d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

Londres veut exiger des institutions financières et des entreprises cotées qu’elles « publient des plans de transition » détaillés. De nouveaux standards d’évaluation seront élaborés pour éviter le « greenwashing ». Le gouvernement s’appuiera sur un groupe de travail « composé de dirigeants, des universitaires, des régulateurs et de groupes issus de la société civile », indique le ministère des Finances.

Les entreprises s’engagent

« La transition vers la neutralité carbone est urgente, mais […] nous savons que nous dépendons dans une certaine mesure d’énergies moins propres », a commenté ce mercredi John Glen, secrétaire d’État au Trésor. « Le secteur financier a la capacité de consacrer des milliers de milliards » à la transition, selon lui.

Rishi Sunak, Chancelier de l’Échiquier, doit s’exprimer ce mercredi à la COP26 et y annoncer l’engagement de 450 entreprises de la finance de s’aligner sur les objectifs de l’accord de Paris. Selon le gouvernement britannique, ces entreprises « basées dans 45 pays sur six continents » représentent « plus de 130.000 milliards de dollars ».

Les ONG peu convaincues

« Loin d’être le centre mondial de la finance verte », la City est « un moteur principal de la crise climatique », a réagi Tommy Vickerstaff, de l’ONG 350.org. « Le Royaume-Uni a la responsabilité d’empêcher ses banques de faire du profit sur la destruction et de canaliser l’argent vers de vraies solutions. »

Les nouvelles règles annoncées par Londres « semblent laisser une grande marge de manœuvre aux institutions financières pour poursuivre leurs activités », a regretté Rebecca Newsom, de Greenpeace. Une étude de WWF et Greenpeace estimait en mai que les émissions de CO2 financées par les banques britanniques représentaient près du double de celles rejetées par le pays.

L’étude relevait que ni le gouvernement ni aucun régulateur n’avaient « pris de mesures adéquates » contre les émissions de carbone. Mardi, le Royaume-Uni a aussi annoncé que 576 millions de livres seraient mobilisés pour les marchés émergents, dont 100 millions pour « permettre aux pays en développement d’accéder plus rapidement et plus facilement au financement pour leurs plans climat ».