Grenoble : En quoi consiste le label Capitale verte européenne 2022 obtenu par la ville ?

ENVIRONNEMENT Candidature, attribution, effets sur l’agglomération… L’attribution de cette appellation par la Commission européenne entraîne son lot de bénéfices et de devoirs

Jennifer Lesieur
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Grenoble est la deuxième ville française à recevoir ce titre.
Grenoble est la deuxième ville française à recevoir ce titre. — FAYOLLE PASCAL/SIPA
  • Pour devenir Capitale verte européenne, Grenoble a dû déposer un dossier faisant état de ses actions en matière de développement durable.
  • La ville a convaincu la Commission européenne grâce à ses initiatives dans la transition écologique, mais aussi pour sa capacité à fédérer autour d’elle.
  • L’année 2022 sera émaillée d’événements autour de l’environnement à Grenoble, pour des effets également durables sur l’économie de la ville.

L’an prochain, Grenoble sera officiellement Capitale verte européenne 2022. C’est la deuxième ville française à recevoir ce titre décerné par la Commission européenne, après Nantes en 2013. Elle succédera à la Finlandaise Lahti pour devenir la vitrine de la transition écologique : un beau défi pour le chef-lieu de l’Isère, passé sous bannière EELV depuis 2014 avec la municipalité d’Eric Piolle. Car loin d’être seulement honorifique, ce label comporte aussi son lot de devoirs.

Comment Grenoble a-t-elle postulé à ce label ?

Chaque ville européenne de 100.000 habitants au moins, faisant preuve « d’engagements forts en matière de transitions sociales et environnementales », peut postuler au titre de Capitale verte. « Chaque année, entre 30 et 40 villes posent leur candidature », rapporte Tim McPhie, porte-parole à l’environnement de la Commission européenne.

Les postulantes doivent constituer un dossier, en fournissant des données précises selon 12 indicateurs dans des domaines géographiques, économiques, et surtout naturels et énergétiques. « Les dossiers sont ensuite transmis à douze experts de chaque domaine, indépendants et internationaux. » Ceux-ci établissent une liste d’éligibles à une deuxième étape : « Les finalistes doivent présenter leur ville et leurs visions pour le futur à un jury constitué de représentants d’institutions européennes, d’ONG et de réseaux de villes. »

Comment Grenoble a-t-elle gagné ?

« Le label de Capitale verte ne récompense pas forcément la meilleure ville dans chacun des 12 indicateurs, mais celle qui peut aller encore plus loin en inspirant les autres », précise Tim McPhie. Ce qui passe par une stratégie de communication affûtée, et des propositions « d’actions environnementales, d’initiatives et de mesures censées être mises en place pendant l’année labellisée pour développer la durabilité de la ville ».

Si Grenoble a remporté le titre, c’est « pour son approche pionnière de la gestion du climat qui comprend un engagement fort en faveur du changement systémique, et pour son approche innovante de démocratie participative de la gouvernance des villes ». La Commission européenne révèle en outre que Grenoble « a atteint le premier rang dans les domaines de l’atténuation du changement climatique, de la mobilité urbaine durable, de l’utilisation durable des sols, du bruit et de la performance énergétique ».

Qu’est-ce qui attend Grenoble en 2022 ?

La Commission européenne a remis à la ville un prix en argent qui servira à appliquer des mesures environnementales dans l’année. De son côté, l’Etat financera l’événement à hauteur de 4 millions d’euros. Dans les faits, plus de 200 événements tous publics seront organisés, auxquels les habitants sont invités à participer, autour de la transition écologique, de la culture et des sciences.

La cérémonie d’ouverture se déroulera le 15 janvier, en présence d’Emmanuel Macron et du commissaire européen à l’Environnement, Virginijus Sinkevicius. Et après ? Grenoble devrait bénéficier des mêmes effets à long terme que les précédentes villes lauréates : création d’emplois, revalorisation de l’image de la ville, impact touristique. Des effets durables dans tous les domaines, en somme.