COP26 : Ce sera « plus dur » de parvenir à un accord à Glasgow qu’à Paris, juge Alok Sharma

ENVIRONNEMENT « Ce qu’ils ont fait à Paris était brillant, (mais) une grande partie des règles détaillées ont été laissées pour l’avenir », a déclaré le président de la COP26

20 Minutes avec AFP
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Le président de la COP26, Alok Sharma.
Le président de la COP26, Alok Sharma. — Christophe Ena

Le compte à rebours est lancé, et la mission s’annonce délicate. Il sera « définitivement plus difficile » de parvenir à un accord mondial à l’issue de la COP26, qui s’ouvrira à la fin de mois à Glasgow, que lors de la COP21 à Paris, juge le président du rendez-vous britannique, Alok Sharma. Après l’ouverture de la COP26 le 31 octobre, le gouvernement britannique disposera de deux semaines de rencontres afin de persuader quelque 200 pays de faire davantage pour réduire leurs émissions de carbone dans le but de contenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle, seuil ambitieux fixé en 2015 par les accords de Paris.

« Ce que nous essayons de faire ici à Glasgow est en fait très dur », déclare Alok Sharma au quotidien britannique The Guardian, « définitivement plus difficile que Paris à de nombreux niveaux ». « Ce qu’ils ont fait à Paris était brillant, c’était un accord-cadre, (mais) une grande partie des règles détaillées ont été laissées pour l’avenir », a-t-il ajouté. « C’est comme si nous étions arrivés à la fin de l’examen et qu’il ne restait que les questions les plus difficiles, et que nous manquions de temps, l’examen se terminant dans une demi-heure ».

L’alarmant rapport du Giec

Les négociations vont notamment être compliquées par l’évolution du contexte géopolitique, alors que Londres et Washington entretiennent des relations plus tendues qu’avant avec la Chine et la Russie, dont les deux présidents ne devraient pas se rendre au sommet. « Les étoiles étaient peut-être alignées différemment en allant à Paris », a concédé Alok Sharma.

Depuis la signature des accords de Paris en 2015, la transition vers une économie et des énergies plus propres a progressé, mais trop lentement pour limiter le réchauffement à 2°C, a fortiori à 1,5°C, par rapport à la fin du XIXe siècle. En août, le dernier rapport du Giec​ mettait déjà en garde contre le risque d’atteindre le seuil de 1,5°C autour de 2030, dix ans plus tôt qu’estimé dans sa précédente estimation en 2018, menaçant l’humanité de désastres sans précédent. Mais « ce qui joue en notre faveur, c’est qu’il y a une conscience que nous devons faire face » à cette crise climatique, a jugé Alok Sharma, affirmant que « le rapport du Giec, même s’il est très alarmant, a été assez utile pour aider à concentrer les esprits ».