Miel : Les apiculteurs français alertent sur la récolte divisée par plus de deux en 2021

AGRICULTURE L’Union nationale de l’apiculture française estime que la production sera cette année comprise entre 7.000 et 9.000 tonnes, du fait des conditions climatiques très défavorables

20 Minutes avec AFP
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Un apiculteur récoltant du miel (illustration).
Un apiculteur récoltant du miel (illustration). — Martin Alipaz/EFE/SIPA

Alors qu’ils vivent une année « désastreuse », les apiculteurs français sonnent l’alarme sur le miel. La récolte 2021 se situera entre 7.000 et 9.000 tonnes seulement, soit moins de la moitié de celle de 2020, du fait des conditions climatiques très défavorables du printemps et de l’été, a déploré lundi l’Union nationale de l’ apiculture française, l’Unaf.

« C’est la pire année de l’apiculture française », considère cette organisation, qui rappelle que l’année précédente avait été une bonne année avec 18.000 à 20.000 tonnes. En 1995, la France produisait environ 32.000 tonnes de miel. En 2019, la récolte avait été de moins de 10.000 tonnes.

L’Unaf estime que « le bouleversement climatique, ressenti par les apiculteurs depuis une bonne quinzaine d’années est bien là ». Dans de très nombreuses régions, de longues périodes de gel, de froid et de pluies se sont succédé durant tout le printemps et une bonne partie de l’été. Conséquence : « les abeilles n’ont pas pu bénéficier des floraisons ».

Pas de miel d’acacia

Si les récoltes de miel de colza se sont révélées médiocres dans la plupart des régions, les récoltes de miel d’acacia, anéanties par les gelées tardives et les pluies, ont été « nulles sur tout le territoire », selon l’organisation. Dans le Sud, les récoltes de miel de printemps comme le romarin, le thym, la bruyère blanche ou la garrigue, ont été nulles ou médiocres. Dans le Sud-Est, la récolte de miel de lavande a par contre tiré son épingle du jeu.

Les récoltes de miel de châtaignier sont quant à elles partout médiocres. En montagne, les miellées se sont avérées globalement mauvaises car souvent trop brèves. Dans l’Est, celles de forêt ou de sapin, sont quasiment nulles. La récolte de tournesol varie selon les bassins mais reste souvent décevante. Seul petit point de consolation pour les apiculteurs : la prédation du frelon a été très faible en 2021. Comme les abeilles, il a souffert des mauvaises conditions météorologiques…

L’Etat alerté en juillet

En juillet, l’Unaf avait alerté les services de l’Etat pour que soit mis en œuvre le régime des calamités agricoles afin d’aider les apiculteurs à passer ce cap. Plusieurs départements ont déjà enclenché la procédure.

Les consommateurs ne devrait cependant pas constater des pénuries dans les rayons. L’origine des miels sera par contre différente de ceux vendus actuellement. Selon Christian Pons, le président de l’Unaf, « il y aura moins de miel français dans les magasins mais beaucoup de miel étranger ».