Toulouse : Des frelons qui bourdonnent, des lilas en fleur… Faut-il s’inquiéter ou se réjouir de ce retour du printemps ?

ETE INDIEN A Toulouse, des arbres fruitiers et des lilas refleurissent à la faveur de cet automne très doux. « 20 Minutes » a demandé à Boris Presseq, botaniste au Muséum, si fleurir à l’automne, ce n’était pas une fois de trop

Hélène Ménal
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Du lias en fleur. Illustration.
Du lias en fleur. Illustration. — vieleineinerhuelle de Pixabay
  • Entre les températures agréables et les haies ou pelouses en fleur, il flotte sur Toulouse un air de printemps.
  • 20 Minutes a demandé à Boris Presseq, botaniste au Muséum, si les végétaux n’allaient pas payer le prix, plus tard, de cette vigueur inédite.
  • Le spécialiste se veut rassurant, pour les fleurs, comme pour les frelons d’ailleurs.

Il faisait 23 °C dans la Ville rose ce lundi après-midi et Météo France prévoit même un estival 25 °C pour mercredi. Le fameux été indien se montre particulièrement agréable. Au point qu’en y regardant bien, des lilas ont refleuri dans certaines haies de la métropole, à Labège en bordure de départementale par exemple. « Il y a de la moutarde blanche en bord de Garonne, du séneçon du Cap, de la valériane rouge et même des cerisiers en fleur », observe Boris Presseq, botaniste au Muséum de Toulouse​ et fin observateur de la flore urbaine qu’il a un temps permis de découvrir en traçant leur nom à la craie sur les trottoirs.

Et le spécialiste n’est pas très étonné de ce printemps pour les yeux : « Nous sommes à une saison où les jours ont exactement la même longueur que les jours du printemps, explique-t-il. Entre un mois de septembre assez pluvieux et les températures clémentes, en particulier en ville, avec les îlots de chaleur favorisés par le bitume, tous les signaux de floraison sont réunis pour ces végétaux ».

Mais, quand même, n’est-ce pas une floraison de trop qui pourrait hypothéquer celle du printemps ? Le botaniste se veut, là aussi, rassurant. « Cette floraison n’aura aucune conséquence sur leur survie. Si ces plantes fleurissent, c’est qu’elles ont assez d’énergie pour le faire. Et elles le referont aux printemps, même si pour certaines, ce peut être de façon moins exubérante ».

Ne taillez pas encore votre jardin

Et ces guêpes, ces frelons qui reviennent nous bourdonner bien tardivement aux oreilles alors ? Notre côté phobique se réjouit de les voir fauchés en plein vol par les premières gelées, espérant cruellement mais secrètement des conséquences pour la colonie. Raté. « La reine est déjà bien au chaud, explique le botaniste. Et pour les ouvriers, qui de toute façon n’auraient pas passé l’hiver, c’est une période de réserve stratégique avec les pommes et les figues gâtées », assure Boris Presseq.

Il faut donc juste profiter de ce bel été indien. Mais pas au point de sortir le sécateur au détour d’un dimanche ensoleillé. « Comme la nature n’est pas encore au repos, il y a encore des spores de champignon dans l’air et une taille sur une plante ligneuse ou un arbre peut créer un point d’entrée pour les maladies », prévient le botaniste.