Toulouse : « Laisse pas ta place dégueulasse », l’opération coup de poing contre les fêtards crados

TU T'ES VU QUAND T'ABUSES Près de 400 kg de déchets sont abandonnés chaque soir sur les quais de la Garonne par les noctambules

Béatrice Colin
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Une opération coup de poing est mené sur la place Saint-Pierre à Toulouse pour lutter contre l'abandon des déchets.
Une opération coup de poing est mené sur la place Saint-Pierre à Toulouse pour lutter contre l'abandon des déchets. — B. Colin / 20 Minutes
  • Haut lieu de la fête, à Toulouse, les quais de la Garonne sont tous les soirs souillés par des déchets abandonnés par des noctambules.
  • Chaque matin, les agents du service propreté de la ville ramasse 400 kg de cannettes et emballages de fast-food sur la place Saint-Pierre, la promenade Henri-Martin et le quai de la Daurade.
  • Pour sensibiliser les fêtards, la mairie a décidé de mener une opération coup de poing.

« C’est vrai qu’au petit matin c’est souvent crade », reconnaît un étudiant toulousain venu déjeuner ce vendredi midi sur les marches de la place Saint-Pierre, avec vue sur la Garonne. Derrière lui, comme dans une scène de crime, la mairie a balisé une partie des escaliers où gisent des canettes de bière, des emballages de fast-food et tout un tas d’autres déchets. Une zone polluée, à l’image de celle que le service de nettoyage de la mairie retrouve chaque matin sur la place, le quai de la Daurade et la promenade qui les relie.

Face à cette surabondance de déchets laissés par les noctambules avinés derrière eux après chaque soirée, la mairie de Toulouse a décidé de marquer les esprits lors d’une opération coup de poing.

Une opération coup de poing est mené sur la place Saint-Pierre à Toulouse pour lutter contre l'abandon des déchets.
Une opération coup de poing est mené sur la place Saint-Pierre à Toulouse pour lutter contre l'abandon des déchets. - B. Colin / 20 Minutes

« Nous voulons sensibiliser et montrer le résultat des salissures. Ce soir, lorsque les noctambules viendront, ils ne pourront pas utiliser cette partie des marches. Quand on a un cadre idyllique, on doit le respecter », assène Emilion Esnault, adjoint au maire délégué à la Coordination des politiques de bonne tenue de l’espace public.

400 kg chaque soir

Chaque année, sur ces lieux prisés des festayres, le service propreté passe 4.000 heures à nettoyer et ramasser les détritus, soit « 100.000 euros de masse salariale juste pour nettoyer ce que les autres ont sali », souligne l’élu. Véritable point noir, en période de rentrée étudiante, et lorsque le temps s’y prête, le secteur accueille des milliers de jeunes le soir. Et chaque soir, ils laissent par terre 400 kg de bouteilles et autres déchets.

« Tous les soirs, on dîne ici et on boit, on s’est approprié les lieux et c’est vrai qu’il y a beaucoup de saletés. Mais cette opération ne servira à rien s’ils ne la font qu’une fois. Il faudrait quelque chose de plus permanent, une présence pour dissuader de jeter », avance Camille, une étudiante qui habite le quartier. Pour l’heure, le Capitole a surtout prévu de doubler les points de collecte en ajoutant du tri sélectif, ainsi que des collecteurs. Quant à la mise en place d’une médiation sur le sujet, Emilion Esnault est dubitatif. « On l’a déjà tenté avec le bruit et ça n’a pas fonctionné », assure l’élu qui indique que des milliers de PV sont chaque année délivrés pour des jets de mégots, de déchets ou encore de mictions sur la voie publique.

Une riveraine qui passe par là l’apostrophe. Pour elle, il n’y a pas que les quais Saint-Pierre et de la Daurade qui posent problème. Ce phénomène de vie nocturne bruyante et salissante s’est déplacé aux rues avoisinantes.