Russie : Vladimir Poutine vise la neutralité carbone d’ici 2060

ENVIRONNEMENT Un objectif de taille pour le pays européen, classé parmi les plus gros pollueurs au monde

M.F avec AFP
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Le président russe Vladimir Poutine assiste à une session plénière lors du forum de la Semaine de l'énergie russe 2021 à Moscou.
Le président russe Vladimir Poutine assiste à une session plénière lors du forum de la Semaine de l'énergie russe 2021 à Moscou. — Mikhail Metzel/TASS/Sipa USA/SIPA

C’est un ambitieux défi qu’a posé ce mercredi Vladimir Poutine. Le président russe a déclaré lors d’un forum énergétique à Moscou que « dans la pratique, la  Russie s’efforcera d’atteindre la neutralité carbone de son économie ». « Nous avons fixé un objectif concret -- au plus tard en 2060 », a-t-il ajouté, se montrant ainsi plus ambitieux qu’il ne l’avait jamais été à un peu plus de deux semaines de la Cop-26. C’est d’ailleurs le même objectif que la Chine.

Le quotidien Kommersant avait révélé début octobre que le gouvernement russe préparait une nouvelle stratégie environnementale avec des mesures plus musclées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Selon ce plan dévoilé par le journal russe, Moscou viserait à réduire ses émissions de près de 80 % d’ici 2050, notamment en abandonnant progressivement le charbon comme source d’électricité au profit de davantage d’énergie nucléaire, entre autres.

Un intérêt tardif pour les enjeux environnementaux

La Russie est l’un des principaux producteurs d’hydrocarbures du monde, et un pays où les thématiques environnementales n’ont fait irruption que tardivement dans les discours officiels. Une grande partie de son économie reposant sur l’extraction minière, elle approche les objectifs environnementaux moins frontalement que ses voisins européens.

Vladimir Poutine était naguère connu pour ses positions « climato-sceptiques », arguant notamment du fait que la Russie bénéficierait du changement climatique. Le président russe a cependant revu sa copie depuis, s’alarmant notamment des catastrophes naturelles, tels que les incendies qui ont ravagé le pays cet été. Cette année, Vladimir Poutine a également participé à un sommet organisé par le président américain Joe Biden, et fait part de son intérêt pour la « mise en place d’une coopération internationale » sur le changement climatique.