Climat : L’Accord de Paris enfin ratifié par la Turquie

CHANGEMENT CLIMATIQUE La Turquie tardait à ratifier le texte, invoquant des injustices liées aux obligations et au partage du fardeau en termes de réduction des émissions polluantes

20 Minutes avec AFP
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De la pollution industrielle à Ankara le 6 octobre 2021.
De la pollution industrielle à Ankara le 6 octobre 2021. — Altan Gocher/GocherImagery/Shutt

A trois semaines de la conférence mondiale sur le climat sous l’égide de l’ONU (COP26), qui se tiendra du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow au Royaume-Uni, la Turquie a fait un pas en faveur de l’environnement. Le Parlement a ratifié mercredi soir à l’unanimité l’ Accord de Paris sur le climat, suivant ainsi l’engagement de son président devant l’Assemblée générale des Nations unies le mois dernier.

Recep Tayyip Erdogan avait en effet annoncé cette décision fin septembre à New York, faisant de son pays le 191e à ratifier cet accord qui doit permettre de limiter la hausse des températures moyennes sur la planète à 2 degrés et si possible à 1,5 °C. La Turquie avait signé l’Accord de Paris en 2016, mais elle était l’un des derniers grands pays émetteurs de gaz à effet de serre à ne pas l’avoir encore ratifié.

Des incendies dramatiques

Le président turc avait jusqu’à présent justifié son abstention en invoquant des injustices liées aux obligations et au partage du fardeau, en termes de réduction des émissions polluantes : pour Ankara, les efforts doivent être différenciés entre pays industrialisés, catégorie à laquelle le pays appartient néanmoins. Les émissions nettes de gaz à effet de serre de la Turquie ont augmenté de plus de 150 % depuis 1990, selon les chiffres officiels turcs.

Mais la question climatique s’est brutalement imposée dans le pays cet été après une succession d’événements météorologiques extrêmes, dont des incendies de forêt sur la côte méditerranéenne et des inondations dans le nord, qui ont fait une centaine de victimes et causé d’importants dégâts à la nature. La Turquie est également frappée par une sécheresse persistante, qui oblige déjà certains producteurs à abandonner leur terre et d’autres à se tourner vers de nouvelles cultures moins gourmandes en eau.

Les défenseurs de l’environnement s’alarment en outre de la volonté d’Ankara de renforcer sa production énergétique à base de charbon, alors que la Turquie projette officiellement de réduire de 21 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030.

La Turquie n’était en outre pas le seul pays à être attendu pour finaliser l’Accord de Paris. L’Iran, l’Irak, la Libye, le Yémen et l’Ethiopie doivent en effet encore ratifier le texte.