Oise : La vie de 1.700 renards est entre les mains de la justice

CHASSE Plusieurs associations de défense des animaux ont attaqué un arrêté préfectoral autorisant l'abattage de 1.700 renards dans le département de l'Oise d'ici au 28 février 2022

Mikaël Libert
— 
1.700 renards pourront être abattus d'ans l'Oise (illustration).
1.700 renards pourront être abattus d'ans l'Oise (illustration). — Ankov/SPUTNIK/SIPA
  • La préfecture de l’Oise a pris un arrêté autorisant l’abattage de 1.700 renards.
  • Plusieurs associations ont attaqué cet arrêté devant le tribunal administratif d’Amiens.
  • La décision de suspendre ou de maintenir l’arrêté doit être rendue en fin de semaine.

Renards en sursis. Régulièrement, la préfecture de l’Oise prend des arrêtés pour autoriser la régulation des espèces jugées nuisibles et, dans ce département, c’est encore le cas pour le renard. Le dernier arrêté à ce sujet a été publié le 13 septembre et avance un chiffre de 1.700 renards pouvant être abattus d’ici à la fin du mois de février 2022, soit près de 12 animaux par jour. Les associations One voice et Aves France ont attaqué l’arrêté préfectoral devant le tribunal d’Amiens.

On ignore exactement quelle est la population de renards dans le département de l’Oise, les seules données officielles provenant de comptages effectués par les lieutenants de louveterie, ces mêmes lieutenants qui demandent au préfet l’autorisation de « prélever » les renards. L’indice kilométrique d’abondance est, selon les autorités, passé de 0,5 à 0,6 renard au kilomètre, soit près de 9.800 individus pour tout le département. Dans son projet d’arrêté, en juillet dernier, la préfète de l’Oise avait d’ailleurs prévu d’autoriser l’abattage de 3.000 renards. Un chiffre qui a presque divisé par deux sans que l’on sache pourquoi dans l’arrêté attaqué, lundi, par One voice et Aves.

Nuisible d’un côté, rôle écologique de l’autre

Néanmoins, pour justifier de l’abattage de 1.700 renards d’ici à la fin février 2022, la préfecture de l’Oise évoque un développement de cet animal « pendant les périodes de confinement de l’année 2020 », des dégâts ayant généré « 39.239,59 euros » de préjudice sur une centaine de communes et le fait qu’il s’agit d’un « prédateur dans les poulaillers ainsi que pour une grande partie du petit gibier ». Des arguments qui ne tiennent pas pour les associations qui considèrent, au contraire, que le renard à « un rôle écologique inestimable ».

A l’audience devant le tribunal administratif d’Amiens, lundi, One voice a martelé que le chiffre de 1.700 animaux à abattre « reste monstrueusement faramineux et injustifiable ». Un postulat auquel ont adhéré les plus de 40.000 signataires de la pétition pour demander la suspension de l’arrêté préfectoral. La décision doit être rendue à la fin de la semaine.