Toulouse : C’est « bio » et redoutablement efficace, la mairie expérimente les furets pour se débarrasser des rats

ARME BIOLOGIQUE A titre expérimental, la mairie de Toulouse vient d’utiliser des furets pour détruire une colonie de rats. Une méthode ancestrale, naturelle et jugée très efficace

Hélène Ménal
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Un furet. Illustration.
Un furet. Illustration. — Ekaterina Guseva - PixaBay
  • Des furets pour chasser les rats, la méthode ne date pas d’hier et elle a été réhabilitée à Toulouse la semaine dernière le temps d’une expérimentation.
  • En un quart d’heure une furette apprivoisée a permis de piéger une dizaine de rongeurs au bord du canal.
  • Dans la même veine naturelle, des buses devraient bientôt venir disperser les étourneaux.

Dix rats débusqués en un petit quart d’heure. De quoi épater la galerie pour une furette venue du Gers, intérimaire d’un jour à la mairie de Toulouse. La scène s’est déroulée mercredi dernier, en toute discrétion, sur les berges du canal de Brienne. Françoise Ampoulage, conseillère municipale en charge des Animaux dans la ville voulait tester avec ses services « une méthode alternative aux produits chimiques » pour éliminer les colonies de rats. « La technique n’est pas nouvelle, on l’utilisait déjà aux XVe et XVIe siècles sur les bateaux pour chasser les rats et les souris », souligne l’élue.

Mais sur la terre ferme de la Ville rose, c’était une première. Le lieu à dératiser a été choisi « parce qu’il est escarpé » et qu’il est difficile d’y déposer des pièges. Il a été au préalable entouré d’une clôture éphémère, histoire d’éviter les évasions intempestives.  « Puis nous avons introduit la furette dans la galerie et disposé des filets aux autres issues », raconte Françoise Ampoulage. Une « arme biologique » pas vraiment sanguinaire, puisque la simple odeur du furet, qui ne quitte jamais un secteur sans avoir exploré tous les tunnels, fait fuir les rats. Les victimes du jour ont été enfermées dans des boîtes noires « pour éviter le stress » puis euthanasiées en douceur par introduction de gaz carbonique.

En attendant un fauconnier

Le prestataire gersois, un des deux seuls de France à utiliser cette technique, avait amené trois autres mustélidés apprivoisés en renfort. Mais ils sont restés placides dans leur cage, l’éclaireuse a fait tout le boulot. Une dératisation complète – délogeant même les rats pépères qui ne sortent jamais et se font nourrir par leurs congénères – et durable, puisque en laissant ses effluves, elle a empêché aussi durablement la colonie de se réinstaller.

« Vu ce qu’elle a fait en un quart d’heure, vous imaginez le rendement sur une journée », s’enthousiasme la conseillère municipale. Certes ce type d’opération coûte au bas mot 1.500 euros par jour, « mais un piège à rats en coûte déjà 800 », relève Françoise Ampoulange. Convaincue par le test, elle est prête à renouveler l’expérience « dans un endroit plat, probablement sur une place ».

D’ailleurs le recours au furet n’est pas la seule idée ancestrale dans les tuyaux « pour réintroduire au maximum du naturel dans la chasse aux nuisibles ». La mairie a pris contact avec un fauconnier. Il pourrait débarquer bientôt avec deux de ses buses pour disperser les grands rassemblements d’étourneaux. C’est beaucoup plus bucolique que les tirs d’effarouchement qui font sursauter les riverains.