En Belgique, l’interdiction d’abattage des animaux sans étourdissement préalable maintenue

ANIMAUX Des associations islamiques et des personnalités de la communauté juive avaient tenté de faire annuler les décrets concernés

M.F
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Lorsqu'ils sont abattus, les moutons sont saignés. Sans étourdissement préalable, il ressente stress, douleur et peur avant de perdre connaissance en raison de la perte de sang.
Lorsqu'ils sont abattus, les moutons sont saignés. Sans étourdissement préalable, il ressente stress, douleur et peur avant de perdre connaissance en raison de la perte de sang. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Quelles que soient leurs traditions religieuses, les Belges devront continuer à étourdir les moutons, vaches ou porcs avant de les abattre. Cette obligation valable depuis 2019 dans les régions wallonne et flamande avait fait l’objet de recours auprès de la Cour constitutionnelle de Belgique qui les a finalement rejetés jeudi, rapporte la presse belge.

Des associations religieuses islamiques et des personnalités de la communauté juive avaient tenté de faire annuler les décrets estimant qu’il y avait violation de la liberté de religion. En effet dans les deux religions, lors des abattages rituels, l’animal doit être intact avant la mise à mort et ne peut donc pas être étourdi.

« Le bien-être des animaux » supérieur à la liberté religieuse

Dans son arrêt, la Cour a estimé que l’obligation d’abattage avec étourdissement restreignait en effet la liberté de religion des croyants juifs et islamiques, mais elle a également avancé que « la protection du bien-être des animaux en tant qu’êtres sensibles constitue un objectif légitime d’intérêt général ».

En effet, lorsqu’ils sont abattus pour être consommé, les animaux sont tués en coupant les vaisseaux sanguins du cou ou du thorax. Mais l’animal ne meurt pas instantanément. Il s’écoule d’abord un certain temps, pendant lequel il se vide de son sang, avant qu’il ne soit inconscient et meurt enfin. Ce laps de temps dure une vingtaine de secondes chez les moutons et les porcs et jusqu’à deux minutes chez les vaches. Un temps pendant lequel l’animal ressent de la douleur, de la peur et du stress. Le processus d’étourdissement permet de diminuer ces effets en rendant l’animal inconscient avant de procéder à la saignée.

« La liberté de pensée, de conscience et de religion doit être interprétée à la lumière des conditions de vie actuelles et des conceptions prévalant de nos jours dans les États démocratiques », ajoute encore la Cour constitutionnelle dans sa communication. Or, la protection du bien-être des animaux constitue « une valeur éthique à laquelle il est attaché une importance accrue dans la société belge, ainsi que dans d’autres sociétés contemporaines », selon la Cour.