Bordeaux : Des couches compostables bientôt testées dans les crèches de la ville

ENVIRONNEMENT Elles seront compostées industriellement avant d’être utilisées pour de l’épandage

Elsa Provenzano
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Les couches popotines vont être testées par plusieurs crèches de la région Nouvelle Aquitaine.
Les couches popotines vont être testées par plusieurs crèches de la région Nouvelle Aquitaine. — Mundao
  • L’entreprise Bordelaise Mundao présente sa couche et son masque compostables lors du salon Pollutec, événement de référence des solutions pour l’environnement, qui se tiendra entre le 12 et le 15 octobre à Eurexpo Lyon.
  • Sa couche compostable Popotine va être expérimentée dans les crèches municipales de Bordeaux, Libourne et Saint-André-de-Cubzac début 2022.
  • Des associations partenaires vont être chargées de collecter les couches usagées, destinées au compostage industriel.

Les parents savent que les couches de leurs progénitures pèsent lourds dans les poubelles. On estime qu’entre sa naissance et le moment de la propreté, un enfant utilise environ 4.500 couches, soit une tonne de déchets. Mélangées avec les autres ordures ménagères, les couches finissent incinérées ou enfouies. Pour offrir un retour à la terre à ces déchets, Stéphanie et Etienne Mazet, travaillent depuis 2018 à la conception et au développement de couches industriellement compostables. Leur entreprise Mundao, créée en 2015, participe au salon Pollutec, événement de référence des solutions pour l’environnement, qui se tiendra entre le 12 et le 15 octobre à Eurexpo Lyon.

Un réseau local de collecte des couches compostables

Les couches traditionnelles contiennent des billes ultra-absorbantes très efficaces mais produites à partir de dérivés du pétrole. Mundao a fait de la recherche & développement pour concevoir sa couche, baptisée Popotine, à partir de matériaux biosourcés et a développé son propre super-absorbant, dont elle ne peut révéler la composition à ce stade. Le fabricant, à qui Mundao a soumis son cahier des charges, est installé dans les Vosges et va commencer à produire ces couches compostables pour une expérimentation dans plusieurs réseaux de crèches du département de la Gironde.

« Début 2022, débuteront, pour un à trois mois, des tests dans les crèches de la ville de Bordeaux, dans celles de la Cali à Libourne et de Saint-André de Cubzac », annonce Stéphanie Mazet. A Bordeaux, c’est l’association les Détritivores qui va être chargée de collecter les couches usagées et la régie LibRT à Libourne. « On veut éprouver le modèle et aussi donner envie aux parents de continuer à la maison avec une couche plus écologique et compostable », précise la cofondatrice de Mundao. Ces couches dont le circuit de collecte reste à inventer pour les particuliers seront disponibles à l’achat sur une plateforme en ligne après la phase expérimentale. « Il pourrait y avoir des points d’apports étanches collectifs », avance Stéphanie Mazet.

Qu’est-ce que le compostage industriel ?

Pas question que les couches se retrouvent au milieu des épluchures de légumes dans le compost familial. Il faut absolument qu’elles fassent l’objet d’un compostage industriel. « Il se fait sur de gros volumes, sur des biodéchets et des déchets verts dans des conditions contrôlées : vérification de l’humidité, de la montée en température et on y retourne les andains régulièrement », précise la cofondatrice de Mundao. Ce compostage accéléré (de trois à six mois) permet de garantir une hygiénisation correcte, c’est-à-dire l’absence de pathogènes. Des plateformes de compostages industrielles existent déjà à proximité de la métropole bordelaise. Des analyses vont être menées par un bureau d’études certifié tout au long de la durée du compostage. Tant qu’il n’est pas normé, il sera utilisé pour de l’épandage (remblayage, espaces verts.)

Un masque compostable

« On avait l’idée avant l’épidémie de travailler sur tout ce qui est équipement de protection individuelle (masques, blouses, charlottes, surchaussures etc.) explique-t-elle. La pandémie nous a permis d’accélérer la R & D. » Une solution pour remplacer la barrette nasale, habituellement en métal, a même été mise au point pour rendre un masque chirurgical de type 2, fabriqué en Nouvelle-Aquitaine, complètement compostable. Sa commercialisation sera lancée à l’occasion de Pollutec, qui offre la possibilité à Mundao de rencontrer de grands comptes. Ce sont les professionnels de différents secteurs très consommateurs de textiles sanitaires à usage unique (industrie, médical, agroalimentaire etc.) qui sont ciblés en premier lieu. Un masque FFP2 compostable est également en préparation.

Stéphanie Mazet envisage de belles perspectives pour ces produits écologiques pointant que « la réglementation va aller dans le sens baisse du tonnage mis en décharge. »