Nice : « Quand on est cycliste, on doit être courageux », une association dénonce les aménagements cyclables de la ville

TRANSPORTS Elle pointe notamment la lenteur de la construction des pistes et les conditions de circulation qui se dégradent

Elise Martin
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Sur la promenade des Anglais, à Nice, un compteur a été mis en place pour compter le nombre de passages sur la piste cyclable par jour
Sur la promenade des Anglais, à Nice, un compteur a été mis en place pour compter le nombre de passages sur la piste cyclable par jour — Syspeo / Sipa
  • Début septembre, l’association Nice à vélo écrivait un communiqué pour dénoncer l’état des conditions de circulation à vélo.
  • L’adjoint au maire, délégué à l’écologie, Richard Chemla a conscience du « travail gigantesque » qui doit être encore fait. Il annonce une flotte de 450 vélos électriques et des garages à vélos sécurisés livrés dans le mois d’octobre.
  • L’objectif pour lui est « d’être au rendez-vous dans cinq ans ».

A la question « qu’est-ce qu’être un cycliste à Nice aujourd’hui », la réponse est sans appel : « C’est être courageux ». Solène, 24 ans, argumente : « Il y a un manque de cohérence dans les aménagements. Parfois, comme sur le boulevard Gambetta, la bande cyclable s’arrête d’un coup. On se retrouve livrés à nous-mêmes et en danger avec les autres usagers. Il faut plus de pistes protégées des voitures. » Ludivine, 34 ans, elle, reconnaît qu’il y a « pas mal » de voies pour les vélos « mais toujours pas assez ». Elle fait ses trajets pour aller au travail tous les jours jusqu’à l’Ariane, un axe où les possibilités d’emprunter cette mobilité douce ne sont pas forcément développées.

Depuis deux ans, le nombre d’utilisateurs de vélos augmente, notamment avec le confinement et la prise de conscience d’agir pour l’environnement. Sur la promenade des Anglais, près de 6.000 passages sont enregistrés chaque jour d’après la métropole. Pourtant, les infrastructures ne suivent pas. « Il y a urgence. On ne peut pas multiplier les annonces et ne pas agir derrière », s’exclame Pascale, membre de l’association Nice à vélo qui dénonce dans un communiqué des conditions de circulation qui se dégradent.

Elle note, par exemple, le mauvais état des bandes cyclables, le manque d’aménagements « dans des quartiers entiers comme à Riquier », ou encore l’absence de séparation sur les trottoirs ce qui rend « dangereux la cohabitation avec les piétons ». Sur des cartes participatives disponibles sur le site de l’association, une centaine de « points noirs » sont référencés par les usagers à vélo.

Le cycliste à Nice ? « Un touriste ou un retraité »

La cinquième ville de France était avant dernière, en 2019, des communes de plus de 200.000 habitants les « plus cyclables » de France. Malgré son « plan vélo » et sa volonté d’introduire ces deux roues dans le paysage, elle peine à s’imposer comme telle. « Le cycliste à Nice est toujours perçu comme un touriste ou un retraité », indique Pascale.

Des remarques que Richard Chemla, adjoint au maire, délégué à l’écologie, entend. « On sait qu’on a du retard mais ce sont des choses qui ne dépendent pas toujours de nous, comme au niveau des fournisseurs. La nouvelle flotte de 450 vélos électriques va être inaugurée lors du forum de la transition écologique. Le garage à vélo à la Gare du Sud, c’est pour octobre ainsi que la mise à disposition des tricycles. »

« Dans cinq ans, on sera au rendez-vous »

L’adjoint à l’écologie est conscient du « travail gigantesque » qu’il reste à effectuer. « Si on ne va pas assez vite, c’est parce qu’on est sérieux et qu’on essaie d’éliminer aux conflits d’usages et tout ce qui entoure ce domaine. » Sur les reproches sur la sécurité des usagers, il répond : « Quand le maire annonce 160 km de pistes cyclables en plus, moi je pense qu’il n’est pas grave de ne pas les atteindre. Je pense qu’on doit miser sur la sécurité, quitte à perdre encore du temps. Mais on construit pour ceux qui ne font pas encore de vélo, pour les inciter et leur montrer que cette pratique est possible à Nice. »

La métropole a installé des racks à vélo derrière les bus, elle propose des aides à l’achat d’un vélo électrique et lance les chantiers pour les axes compliqués. « On prépare un très bel axe nord/sud. Les endroits où les pistes s’arrêtent d’un coup, où on y travaille également. C’était pareil au port avant. »

Il conclut : « Certes, le cycliste peut pointer ce qui ne va pas, mais il dira forcément qu’on roule mieux à vélo aujourd’hui qu’il y a un an. Et je garantis que dans cinq ans, on sera au rendez-vous des promesses annoncées. On sait que c’est le meilleur moyen de décarboner la ville. »