Le « Drive tout nu » étend le principe du vrac en bocaux à la viande

ZERO DECHET Le « Drive tout nu » a réussi à adapter le principe de la vente de produits d’alimentation en bocaux à la viande malgré la complexité du processus pour éviter la contamination bactérienne

Mikaël Libert
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D'abord des salaisons, puis bientôt toutes sortes de viandes seront vendues en bocaux.
D'abord des salaisons, puis bientôt toutes sortes de viandes seront vendues en bocaux. — Drive tout nu
  • Le Drive tout nu, spécialiste de l’alimentation zéro déchet, propose de la viande conditionnée en bocaux.
  • Le procédé de mise sous vide assure une conservation d’une dizaine de jours.
  • Toutes les sortes de viandes peuvent être proposées dans ce type de conditionnement.

Tout est bon en bocaux. La vente de produits d’alimentation en vrac se généralise, tant et si bien que même la grande distribution s’y met. Si l’utilisation de bocaux en verre reste le meilleur moyen d’atteindre l’objectif du zéro déchet, ce type de conditionnement n’est pas adapté à toutes les denrées, notamment la viande. Sauf que ce n’est plus vrai aujourd’hui puisque le Drive tout nu proposera, dès cette semaine, à Lille, des salaisons en bocaux et même bien davantage à court terme.

L’emballage de la viande en barquettes reste la règle dans les circuits de la grande distribution, notamment pour des questions de normes sanitaires. Difficile, néanmoins, de déterminer la part que cela représente dans le million de tonnes d’emballages en plastique produits chaque année en France. Certes, de nombreuses entreprises du secteur se mettent, un peu poussées par la loi, aux barquettes recyclables. A l’instar d’Auchan, par exemple, qui promet d’atteindre le 100 % recyclable d’ici la fin de l’année. Une avancée dans l’abandon du plastique qui, pour autant, ne résout pas la question du volume de déchets. « Selon des retours de nos clients, un plein de courses en supermarché classique équivaut à remplir une poubelle d’emballages », assure Timothée Wallaert, co-gérant du Drive tout nu de Lille.

Des DLC au moins aussi longues qu’avec les barquettes

Pour cette société, le zéro déchet est donc la règle. L’immense majorité des produits, notamment le vrac, sont conditionnés en bocaux. « Notre politique est de vendre de cette manière tous les produits nécessaires à une famille. Nos clients nous ont demandé de faire de la viande et nous avons travaillé sur la question », explique le second co-gérant, Maxence Lefort. Un pari qui n’était pas gagné d’avance et qui a demandé un long travail de recherche et développement du côté de la maison mère, à Toulouse.

« C’est le conditionnement sous vide qui nous permet de répondre à la question de la contamination bactérienne. Il nous reste à effectuer des tests sur chaque produit pour déterminer les dates limites de consommation (DLC) », poursuit Maxence Lefort. Au Drive tout nu, on promet « une conservation d’une dizaine de jours ». « Au pire, les DLC seront équivalentes qu’en conditionnement sous barquette, au mieux, elles seront plus longues », affirme Timothée Wallaert.

L’autre avantage des bocaux réside en l’inertie du matériau dont ils sont composés : le verre. « La viande n’est pas contaminée par des particules de son emballage, insiste le co-gérant, au contraire de ce que l’on peut voir avec le plastique ». Pour les contenants en verre, leur réemploi quasiment à l’infini est aussi un argument de poids. D’autant que l’on peut y mettre toutes les sortes de viandes. « On commence par des salaisons, comme des saucisses. Viendront ensuite d’autres produits, de la volaille par exemple », précise Timothée Wallaert. Seule la viande de bœuf pose souci, non parce qu’elle ne se conserve pas en bocaux, mais plutôt pour une question d’esthétique.