Bretagne: « Je n’ai qu’une envie, c’est d’arriver »… Guirec Soudée tout proche de réussir son exploit

AVENTURE Le navigateur originaire des Côtes d’Armor a entrepris une périlleuse traversée de l’Atlantique à la rame

Camille Allain
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Guirec Soudée a traversé l'Atlantique à la rame une première fois, avant de tenter un retour par le Nord.
Guirec Soudée a traversé l'Atlantique à la rame une première fois, avant de tenter un retour par le Nord. — Guirec Soudée Aventure
  • Guirec Soudée devrait boucler sa traversée de l’Atlantique à la rame mercredi ou jeudi au large de la Bretagne.
  • Connu pour ses aventures avec Monique, le navigateur est en mer depuis 100 jours et continue de se battre contre les courants.
  • Parti des Etats-Unis en juin, l’aventurier de 29 ans avait déjà traversé l’Atlantique dans l’autre sens en début d’année.

Il a déjà parcouru 7.500 kilomètres à la seule force des bras. Parti mi-juin de la petite ville de Cap Cod, au nord-est des Etats-Unis, Guirec Soudée est désormais tout près de sa Bretagne natale. Après plus de 100 jours de mer à ramer parfois jusqu’à dix-huit heures par jour, l’aventurier est tout proche de boucler sa traversée de l’Atlantique par le nord. Privé de tout moyen de communication pendant des semaines, Guirec Soudée a retrouvé la joie de dialoguer avec des marins grâce à sa radio depuis quelques semaines. Samedi en fin d’après-midi, le navigateur connu pour ses aventures avec sa poule Monique a eu la joie d’échanger une quinzaine de minutes avec l’équipage d’un avion de la marine nationale qui survolait sa zone.

D’après les dernières estimations, lui et son embarcation baptisée Romane (hommage à sa cousine décédée) devraient franchir la ligne d’arrivée « mercredi ou jeudi » et arriver à Brest samedi. « Je n’ai qu’une hâte, c’est d’arriver. Là c’est bon, je sens la Bretagne. Putain, quel plaisir d’arriver en Bretagne, parce que je n’étais pas sûr d’arriver là », a déclaré Guirec dans un enregistrement diffusé par la marine nationale. « Je t’avouerai que je commence un peu à être épuisé et irrité à pas mal d’endroits ». Parti avec du rab de nourriture, le jeune homme s’est voulu rassurant sur ses réserves qui devraient être suffisantes pour boucler sa traversée.

Un demi-tour au milieu de l’Atlantique

Seul à bord de son drôle de canoë, le jeune aventurier de 29 ans a évoqué pour la première fois la tempête qui l’avait secoué au tout début de son périple. Un coup de tabac qui avait rendu certains de ses appareils inutilisables, empêchant notamment toute communication avec son équipe à terre.

« C’était mal parti. Je me suis retourné dans une petite tempête tropicale et j’avais un petit hublot ouvert que je n’avais pas pu fermer. Du coup, le bateau s’est rempli d’eau, je n’avais plus d’air à l’intérieur, du coup j’ai dû sortir. Je suis resté des heures à l’envers, à essayer de redresser mon bateau sauf que j’y arrivais pas. J’ai fini par réussir mais c’était chaud ».

Longtemps privé de communication, le jeune Breton semblait ravi de pouvoir converser quelques minutes. « Je suis hyper ému de vous voir en avion », a-t-il lancé avant de brandir son drapeau breton.

Un avion de la Marine nationale a survolé Guirec Soudée et son embarcation au large de la Bretagne le 25 septembre 2021.
Un avion de la Marine nationale a survolé Guirec Soudée et son embarcation au large de la Bretagne le 25 septembre 2021. - Marine nationale

Depuis son départ en juin, le navigateur a essuyé de nombreux vents contraires qui l’ont empêché d’avancer. « Quand je croisais des cargos et que je leur demandais la météo, ils n’arrêtaient pas de me dire, c’est vent d’est, vent d’est. Il y a un moment, je n’étais plus très loin de l’Irlande et là je me suis dit, il faut que je prenne une décision parce que j’étais dans un courant qui me portait vraiment vers le nord-ouest et vers l’Islande. Du coup, j’ai décidé de faire demi-tour et je suis parti au sud ouest, à l’opposé de la Bretagne. J’ai mis 25 jours à récupérer mon point GPS de départ, 25 jours à galérer mais j’y suis arrivé ».

Son équipe attend désormais de le voir pénétrer dans le périlleux rail d’Ouessant, avant d’envisager un remorquage jusqu’à Brest si les conditions le permettent. Restée à terre, sa poule Monique ne manquera pas de lui faire la fête. Et elle ne sera pas la seule.