Comment un Alsacien transmet une « écologie positive » avec un vélo solaire

PLANETE Jérôme Zindy multiplie les expériences afin de faire évoluer les consciences sans les brusquer

Thibaut Gagnepain
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Jérôme Zindy et son fameux vélo doté de panneaux solaires.
Jérôme Zindy et son fameux vélo doté de panneaux solaires. — Odyssée solaire 2020
  • Jérôme Zindy, Alsacien de naissance qui vit aujourd’hui en Avignon, se présente comme « un reporter bas carbone ». Quoi ? En clair, il va, à vélo, à la rencontre de producteurs « acteurs du changement » pour prouver qu’il est possible son impact climatique.
  • « Mon constat, c’est qu’on a énormément d’informations négatives sur le changement climatique. Les solutions à mettre en œuvre paraissent souvent compliquées ou hors de portée pour chacun. Moi, je voulais transmettre une écologie positive », explique-t-il.
  • Jérôme Zindy ne manque pas de projets. Il prépare notamment une “Odyssée pour demain”. « Ce sera cette fois un tour de France pour aller voir les acteurs de la transition écologique. »

Quatre jours de voyages, 670 kilomètres au total. Pour retrouver son Haut-Rhin natal, Jérôme Zindy est venu depuis Avignon… à vélo. « Electrique hein ! Et je ne suis pas extrémiste non plus. C’est parce que j’en avais besoin en Alsace, sinon j’aurais pris le train », s’amuse-t-il.

Son deux-roues solaire autonome est quand même devenu son principal moyen de transport depuis « une prise de conscience brutale » à l’été 2018. Sur son impact environnemental. « Je n’étais déjà pas du genre à dégrader la planète pour le plaisir mais je voyais que faire le tri ou faire attention à ma consommation ne suffisait pas », se rappelle-t-il. Alors cet ancien « réalisateur de vidéos sur des aventures à l’étranger », a décidé d’agir. A son petit niveau et avec l’idée de prouver qu’il était possible de le faire sans mal le vivre.

« Reporter bas carbone »

« Mon constat, c’est qu’on a énormément d’informations négatives sur le changement climatique. Les solutions à mettre en œuvre paraissent souvent compliquées ou hors de portée pour chacun. Moi, je voulais transmettre une écologie positive », reprend celui qui se définit comme un « citoyen engagé ». Et aussi un « reporter bas carbone ».

Car sur son vélo, Jérôme Zindy, informe à sa façon sur les voies possibles pour réduire son empreinte énergétique. Il l’a prouvé pendant deux grands périples filmés : « 100 km autour d’Avignon » pendant dix jours en juillet 2020, et « 100 km autour de Strasbourg » durant un mois en mai dernier. « Pour prouver qu’il y a plein de choses à voir autour de chez soi sans prendre l’avion. Pour réapprendre à voyager différemment en réduisant nettement l’impact de nos déplacements. »

Jérôme Zindy et son fameux vélo doté d'un panneau solaire.
Jérôme Zindy et son fameux vélo doté d'un panneau solaire. - Jérôme Zindy

A chaque fois, le principe était le même : le trentenaire (34 ans) partait à la journée autour de la ville dite pour se rendre chez un acteur du changement. « Chez des gens qui s’investissent pour produire de bonnes choses tout en étant le plus responsable possible », précise-t-il. Le cycliste s’est ainsi retrouvé « chez une jeune maman maraîchère sur son vivant ». Ou chez cet éleveur de canards devenu également « producteur de riz bio car il s’est rendu compte que ses animaux mangent tout sauf le riz ». Ou encore chez ce microbrasseur qui ne produit « que de la bière bio à partir d’ingrédients locaux ». Bref, un ensemble de rencontres qu’il a mis en scène et filmé grâce à son équipe. Soit un cameraman et un photographe, eux aussi à vélo, qui avaient aussi la charge de mettre en ligne une Web-série.

Pourquoi se filmer ? « Parce que le but, c’est aussi de mobiliser et de montrer qu’il y a des solutions, pas de le faire dans son coin. Je suis un laboratoire du changement en quelque sorte », répond Jérôme Zindy, qui ne manque pas de projets. « J’aimerais bien refaire un 100 km autour de quelque part mais on cherche encore des financements. Sinon, je prépare une “Odyssée pour demain”. Ce sera cette fois un tour de France pour aller voir ces acteurs de la transition écologique. »

Un rendez-vous est déjà prévu en Bretagne, chez ces chocolatiers qui vont chercher leur cacao « avec un voilier cargo alors que normalement, 1 kg de chocolat a une empreinte carbone de 5 kg de CO2 ». Evidemment, « il y aura un passage en Alsace, c’est obligatoire ». Le vélo connaît le chemin.