Bordeaux : Une étude lancée pour mesurer la pollution aux particules des navires

ENVIRONNEMENT Une étude sur la pollution aux particules des paquebots de croisière en milieu urbain pilotée par le Cerema et l'Ademe vient de démarrer dans le port de Bordeaux

Mickaël Bosredon
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Paquebot dans le port de Bordeaux sous le pont Chaban-Delmas
Paquebot dans le port de Bordeaux sous le pont Chaban-Delmas — Cerema
  • L’étude Capnavir, qui vient de démarrer dans le port de Bordeaux, doit permettre de mesurer les conséquences de la pollution aux particules fines émises par les paquebots de croisière.
  • Le port de Bordeaux a été choisi par l’Ademe et le Cerema car il a la particularité de se situer en plein centre-ville.
  • Cette campagne va mesurer jusqu’au 5 octobre les émissions de huit bateaux à leur entrée et à leur sortie du port, ainsi qu’à l’endroit où ils se retournent.

Quelles sont les conséquences de l’exposition des riverains d’un port, aux émissions des paquebots ? Les particules très fines (PM1) ont-elles un impact plus important sur la santé que les autres particules ? Pour répondre à ces questions, le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) et l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’environnement) viennent de démarrer une étude sur la pollution des navires en milieu urbain, dans le port de Bordeaux.

L’étude Capnavir (pour CAractérisation des Particules fines issues de la NAVIgation fluviale ou maRitime), va ainsi mesurer jusqu’au 5 octobre les émissions de huit bateaux à leur entrée et à leur sortie du port, ainsi qu’à l’endroit où ils se retournent. « L’intérêt de Bordeaux est qu’il s’agit d’une "ville-port", puisque le port est situé en centre-ville, explique Christine Bugajny, coordinatrice de l’étude et responsable du groupe "Air, bruit, vibration" au Cerema. Nous sommes ainsi dans un environnement complexe avec une multitude de sources de pollutions. »

« Nous allons travailler navire par navire »

Le but de cette campagne de mesure n’est toutefois pas de mesurer la pollution de l’ensemble des trafics aux abords des quais, ce qu’avait déjà fait Atmo Nouvelle-Aquitaine en 2018. « Ce n’est pas tout à fait la même démarche, cette fois-ci nous allons travailler navire par navire, poursuit Christine Bugajny. Chaque fois qu’un navire passe, nous essaierons de caractériser les particules qu’il émet, au plus proche de son panache. Nous avons posé des capteurs sur le pont Chaban-Delmas par exemple, sous lequel les navires passent. Nous voulons ainsi déterminer une sorte de "signature" du trafic maritime et fluvial. »

La mesure des particules en masse (en µg/m3) est complétée par une mesure des particules en nombre ainsi que du dioxyde de soufre (SO2), polluant lié à la teneur en soufre du fioul marin utilisé. « On sait qu’en milieu urbain, la part du trafic routier est bien plus importante dans la pollution que celle du trafic maritime, mais nous avons peu de connaissances sur la nature et les concentrations de particules très fines qui sont émises par les navires » ajoute Christine Bugajny. C’est pourquoi les appareils de mesure descendront jusqu’aux particules PM 1, en plus des PM 2,5, 5 et 10.

La conclusion de cette étude « sera essentielle pour les décisions à venir en vue de la réduction des émissions » assure la coordinatrice, qui rappelle qu’il s’agit d’un « projet national qui va intéresser tous les ports accueillant des paquebots. »