Les loutres de mer préservent l’équilibre des océans et limitent le réchauffement climatique

NATURE En mangeant oursins et crabes, le mammifère marin préserve les varechs et herbiers, jouant un rôle dans la captation du carbone

20 Minutes avec agence
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Des loutres de mer (illustration).
Des loutres de mer (illustration). — Yelena Vereshchaka/TASS/Sipa USA/SIPA

Elles sont des stars sur Internet mais font aussi beaucoup pour la planète. En plus d’être mignonnes, les loutres de mer aident les écosystèmes à capter le carbone de l’atmosphère et à le stocker, selon des chercheurs interrogés par la BBC.

Transformé en biomasse et en détritus d’eau profonde, le carbone ne peut alors plus se convertir en dioxyde de carbone qui viendrait polluer l’atmosphère. Ainsi, les loutres contribuent à leur manière à la lutte contre le réchauffement climatique, relaie Slate.

Protectrices du varech

Auparavant répandues sur les côtes de l’océan Pacifique Nord, les loutres de mer ont longtemps été chassées pour leur fourrure. Sa disparition dans certaines zones a permis de mettre en lumière son importance dans la régulation du milieu marin, avec le rôle qu’elle joue dans le bon développement des forêts de varech.

Les loutres mangent en effet un quart de leur poids corporel par jour et se nourrissent en partie d’oursins. En faisant ainsi, elles préservent le varech, nourriture principale des oursins et élément crucial de l’équilibre sous-marin. Là où la loutre a disparu, les oursins se multiplient, le varech se fait rare et c’est le désert aquatique.

Des millions de tonnes de carbone stockées

Les loutres permettent également de préserver les herbiers marins. En se nourrissant de crabes, elles épargnent les brouteurs que sont les limaces et les escargots. Ces animaux ont un rôle bénéfique en grattant les algues présentes sur les herbes, ce qui permet aux herbiers de puiser davantage de lumière.

Les chercheurs, qui ont étudié une zone du Pacifique Nord entre l’archipel des Aléoutiennes et l’île de Vancouver, ont montré que la présence des loutres permettait de stocker 4,4 à 8,7 millions de tonnes de carbone par rapport à une zone sans loutre. Cela représente davantage de carbone que celui émis par un million de voitures de particuliers pendant un an.